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"Dès que je me mettais en garde, je ressentais comme des coups de couteau dans le tendon." Enzo Lefort (35 ans) se lancera jeudi à Takamatsu (Japon) dans sa 19e saison de Coupe du monde. Pourtant, le fleurettiste français classé aujourd'hui à la 305e place mondiale - son pire classement depuis son arrivée chez les seniors, en 2009 - pourrait très bien être déjà retraité. Le triple médaillé olympique par équipes (dont l'or à Tokyo lors des Jeux 2020) avoue mardi dans L'Equipe qu'il a failli raccrocher en 2025, lors d'une saison pratiquement blanche pour lui qui n'avait pu s'aligner que sur deux grands rendez-vous internationaux après avoir été opéré du genou gauche en février.
Le Guyannais, lassé, s'est sérieusement interrogé, avant de finalement décidé d'insister, ne serait-ce que pour pouvoir s'offrir une autre sortie. "J'étais à deux doigts d'arrêter (...) Je me suis dit : "C'est fini, ça ne sert à rien", ça n'avait pas de sens. Mais je ne voulais pas arrêter comme ça. Foutu pour foutu (sic), je voulais me laisser une dernière chance, pour ne pas partir avec des "et si j'avais fait comme-ci ou comme ça" en tête".
Le double champion du monde de la spécialité en individuel (en 2019 et 2022) ne regrette absolument pas d'avoir fait le choix de continuer sa carrière en dépit de toutes ses blessures, survenues au lendemain de sa médaille de bronze des JO de Paris 2024. Remonté en selle, Lefort fera maintenant tout pour valider son billet pour les Jeux de Los Angeles 2028 et participer ainsi à ses 5es Jeux. Conscient que la route sera très longue et la marche très haute.
"Je sais que ça va être dur. J'ai un an et demi pour y arriver." Et cela commencera dès jeudi au Japon. "Le but, c'est de refaire les Coupes du monde et de performer. Mais si ça ne vient pas tout de suite et que je fais un braquage olympique, ça me va aussi." Qu'on se le dise : même 305e, l'ancienne pépite de l'escrime française est de retour.