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« Il est devenu la star de la course à pied »… Andreas Almgren, du 800 m à vainqueur du marathon de New York

Le Suédois Andreas Almgren a remporté le marathon de New York, dimanche, en 2h06'01''

Andreas Almgren a remporté le marathon de New York 2026 dimanche.
Andreas Almgren a remporté le marathon de New York 2026 dimanche. - Anthony Behar/Sipa USA/SIPA

En costard cravate, équipé d’une casquette et d’un gilet jaune, Zohran Mamdani est passé presque inaperçu, dimanche, dans les rues de sa ville. Le maire de New York n’était pas là pour manifester contre la vie chère, mais pour donner un peu de soutien aux coureurs qui disputaient le plus grand marathon de la ville. Un soutien dont n’a pas eu besoin Andreas Almgren, vainqueur de l’épreuve en 2h06'01'' après avoir éliminé ses derniers adversaires dans les ultimes kilomètres, dont le tenant du titre kényan Benson Kipruto.

Une performance de choix d’autant que le Suédois de 31 ans disputait ses premiers 42,195 km. Et il les a menés de main de maître, comme s’il avait déjà enfilé la distance reine à de multiples reprises, en étant encore frais en fin de course. « À 5 km de l’arrivée, je sentais que j’avais encore de l’énergie, a-t-il expliqué à la fin de la course. J’ai vu que j’avais une avance assez importante et je me suis dit : "O.K., profite de ces derniers mètres", car peu de gens ont la chance de vivre une telle expérience. »

« Il a couru toujours un peu à l’abri, on l’a vu devant qu’au dernier moment, tout ce qu’il faut faire pour un marathon, remarque Dominique Chauvelier, quadruple champion de France de la distance dans les années 1990, avec un record à 2h11'24''. Petit à petit, le peloton, il s’égrène, ils sont 15, ils sont 12, ils sont 8, et toi, t’es bien, tu les entends souffler. Il n’est pas allé à faire le train pour emmener les autres. C’est un mec intelligent, il a couru comme un vrai pistard, doué sur toutes les distances. »

Du 5.000 m au marathon, il n’y a finalement qu’un pas

Oui, car le gaillard n’est, à la base, pas du tout un spécialiste du marathon. C’est même sur le demi-fond court (800 et 1.500 mètres) qu’il a commencé à fourbir ses armes avant une succession de blessures jusqu’en 2019 qui l’ont presque obligé de basculer vers le fond. Et bien lui en a pris. Cette année, Almgren a enchaîné les distances et les performances de choix.

Après avoir obtenu le record d’Europe du 5.000 m en juin 2025, il a donné le ton en janvier en devenant le recordman du Vieux Continent du 10 km sur route en janvier. En août, il a tué toute la concurrence en remportant le 10.000 m des championnats d’Europe avec une classe phénoménale, lâchant très loin de l’arrivée tous ses adversaires au train. En septembre, il a décroché le titre mondial sur semi-marathon (distance où il détient le record d’Europe), avant donc de remporter le marathon de New York, dimanche.

Alors, surprenant de voir un athlète enchaîner ces records sur autant de distances différentes ? « Le fait qu’il vienne du 800 m, ça existait aussi à mon époque, avec des mecs comme Alex Gonzalez, Alban Varlet, répond Dominique Chauvelier. Mais Andreas apporte un peu de fraîcheur. Morphologiquement, il est grand, il est sec, ça va bien pour faire du marathon, en plus de qualités pédestres évidentes. »

Entraînement adapté

Pour préparer New York, Almgren a réalisé un entraînement spécifique, avec une charge plus élevée, ainsi qu’un stage en altitude à Flagstaff, dans l’ouest des États-Unis. « Pour le marathon, vous essayez de courir à un pourcentage élevé de votre VO2 max, environ 90, 95 %, détaille le marathonien français. En prépa, vous arrêtez de faire du fractionné très, très court. Fini de faire des 200 m, des 400 m, on remplace par des portions de 3, 4, 5 km répétés plusieurs fois, des sorties de 30, 35 bornes. La qualité de base, il l’a, il suffit de faire des bornes et de s’habituer à économiser le glycogène. »

Jusqu’où Andreas Almgren peut-il désormais s’arrêter ? Après cette première grosse sortie sur marathon, celui qui est « devenu la nouvelle star de la course à pied », selon Chauvelier, ne compte pas pour autant abandonner la piste. On pourrait même le voir tenter le doublé 10.000-marathon aux Jeux olympiques de Los Angeles en 2028. Et pourquoi pas faire mieux que la Néerlandaise Sifan Hassan, médaillée de bronze sur 5.000 et 10.000 avant de remporter le marathon des JO de Paris.

Autre objectif : descendre sous la fameuse barre des deux heures sur marathon, seulement franchie par deux marathoniens, le Kényan Sabastian Sawe et l’Ethiopien Yomif Kejelcha, lors du dernier marathon de Londres, en avril.

« New York, il a couru en dedans, il a toujours économisé son stock d’énergie, il n’était pas dans l’objectif de faire un chrono, sur un parcours difficile, relève Dominique Chauvelier. L’étape d’après, avec un bon lièvre, ça peut être les deux heures. Quand Jimmy Gressier est champion du monde du 10.000 en 2025, le deuxième c’était Kejelcha. Si lui arrive sous les deux heures, notre ami suédois le fera. » Entre Almgren et Duplantis, l’athlétisme suédois se porte en tout cas à merveille.

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