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« Les gens de mon âge pratiquent plutôt le sport depuis leur canapé » : il est champion du monde de courses à obstacles à 65 ans
Une première place mondiale en Croatie dont celui qui se surnomme Papy Spartan se réjouit.

D’Agen au Tarn-et-Garonne, l’ex-gendarme Franck Gouwy parcourt le monde pour s’adonner à sa passion : les Spartan race. Des courses qui nécessitent une forme olympienne ?

Franck Gouwy aime les défis. Mais pas les sacrifices. Sur Tik Tok, il se fait appeler PapySpartan. À 65 ans, ce natif de Dordogne, qui a toute sa famille en Charente, bien connu des salles de sport d’Agen, est devenu le 11 octobre, champion du monde de Spartan, ces courses à obstacles de plus en plus corsées, sur une distance de 5 km. Une épreuve qu’il a mêlée avec un brin de tourisme puisqu’elle se déroulait sur l’île de Hvar, en face de Split en Croatie. Dans sa catégorie, il a dû parcourir 6,7 kilomètres au total avec trois passages aquatiques, des murs à grimper, des barres...

Franck Gouwy aime les défis. Mais pas les sacrifices. Sur Tik Tok, il se fait appeler PapySpartan. À 65 ans, ce natif de Dordogne, qui a toute sa famille en Charente, bien connu des salles de sport d’Agen, est devenu le 11 octobre, champion du monde de Spartan, ces courses à obstacles de plus en plus corsées, sur une distance de 5 km. Une épreuve qu’il a mêlée avec un brin de tourisme puisqu’elle se déroulait sur l’île de Hvar, en face de Split en Croatie. Dans sa catégorie, il a dû parcourir 6,7 kilomètres au total avec trois passages aquatiques, des murs à grimper, des barres à franchir, des cordes à tirer et des poids à porter, le tout sous les yeux d’arbitres qui vérifient au millimètre près.

La Spartan, ce défi aux allures des douze travaux d’Hercule, est devenue une drogue depuis qu’il a découvert ce genre en 2019. « C’était le terrain de jeu des crossfiters dans les années 2000-2010. Comme son nom l’indique, c’est un type de course sans confort, un peu une course de bourrins à la base ! Et c’est justement ce qui m’intéresse : me mettre en difficulté », estime le retraité qui a commencé à Carcassonne (11).

Lors de l’épreuve du sprint à obstacles
Lors de l’épreuve du sprint à obstacles

Passer à côté des blessures

« Je suis tombé dedans directement. Au fur et à mesure des courses, je me suis rendu compte que dans ma catégorie, je m’en sortais bien. C’est vrai que normalement, les gens de mon âge ont davantage tendance à rester sur leur canapé pour regarder le sport à la télévision et laisser pousser l’abdomen », plaisante l’ancien gendarme mobile, qui a quitté sa fonction il y a maintenant quinze ans.

Est-ce une de ses missions éprouvantes sur le plan physique, lorsqu’il était gendarme dans la forêt guyanaise qui lui a donné ce goût pour le sport intensif ? Pas vraiment, répond le retraité. « Cela me plaît aussi de côtoyer plusieurs générations et peut-être que j’ai le sentiment de rajeunir ainsi, ce qui peut être illusoire. En tout cas, je n’ai pas l’impression d’avoir 65 ans », abonde l’ancien militaire.

2021 a été une année particulièrement intéressante pour le sportif qui a remporté le championnat d’Italie de sa catégorie -qui se dispute sur trois distances : 5, 10 et 21 km- « J’ai enchaîné davantage de courses en 2022, mais les résultats ont été moins concluants. Ce que je voudrais ajouter, c’est qu’il faut aussi avoir de la chance pour passer à côté des blessures », juge celui qui habite désormais dans le Tarn-et-Garonne.

« Une année supplémentaire après 60 ans, croyez-moi, c’est un écart beaucoup plus important que durant la trentaine, tout s’use beaucoup plus vite »

Car sa victoire en Croatie constitue une belle revanche pour Franck, qui l’avait déjà tenté l’an dernier. « En 2025, je n’ai pas trop écouté les conseils de mon médecin et j’ai disputé l’épreuve de sprint. J’ai couru sur l’usure et je me suis dit que ça pouvait passer sur un malentendu… mais finalement, c’était l’enfer. Conclusion, j’ai eu une déchirure qui m’a provoqué six mois d’arrêt », narre encore ce dernier. Aux championnats du monde, il a pu intégrer la catégorie de 65 ans et plus.

Un détail pour vous mais qui veut dire beaucoup selon Franck Gouwy. « Une année supplémentaire après 60 ans, croyez-moi, c’est un écart beaucoup plus important que durant la trentaine, tout s’use beaucoup plus vite », dit celui qui a toujours pratiqué une activité physique.

Excellent nulle part

Avec 1,70 m et 80 kilos, Franck Gouwy admet « être excellent nulle part » mais un peu au-dessus de la moyenne partout dans sa catégorie. « Contrairement à l’hyrox que l’on pratique indoor, ce que j’apprécie aussi c’est le côté nature et paysages dans les spartan », poursuit le sexagénaire. Il a d’ailleurs installé une slack line dans son jardin, où il pratique aussi le javelot. « Mais les voisins l’ignorent sinon ils me prendraient pour un taré. »

Depuis la Croatie, au lendemain de sa première place sur le podium, il confiait se préparer à une distance plus longue à Chiang Rai en Thaïlande le 12 décembre sur un dix kilomètres. Mais le pied de nouveau en France, il s’était trouvé une nouvelle course entre-temps. « Je me suis inscrit à une Spartan près de Lisbonne, au Portugal, le samedi 7 novembre sur un sprint de 10 km avec 25 obstacles, mais juste pour me préparer ». Comme un petit footing du dimanche en somme...

« C’est ma méthode pour profiter de la vie. Ces moments-là, ce sont des parenthèses dans ce monde qui n’est pas idyllique. »

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