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Triathlon : Jacques Toriel, la vie d'un miraculé
Opéré du cœur en 2025, Jacques Toriel (Vmt) a remporté deux triathlons dans son groupe d'âge.
Opéré du cœur en 2025, Jacques Toriel (Vmt) a remporté deux triathlons dans son groupe d’âge. ©DR

« Chaque matin, en ouvrant l’œil, je me dis que c’est du bonus et que j’ai énormément de chance d’être encore en vie et de continuer à faire du sport », débute Jacques Toriel, vainqueur cette année chez les 55-59 ans des triathlons S de Tournai et du Puy-en-Velay. Le sociétaire de la Vallée de Montmorency triathlon (VMT) est un sportif dans l’âme depuis l’âge de 8 ans. À son actif, dix ans de gym puis de taekwondo dans le même club que Pascal Gentil, de la course à pied dès 30 ans à la suite d’une fracture du fémur et du triathlon à partir de 45 ans avec cinq Ironman bouclés. Avec un tel Cv et 15 heures d’entraînement par semaine en dehors de son activité d’avocat exercée à Paris, le Montmorencéen pensait avoir un cœur en béton armé. Et pourtant.

Il passe cinq jours en soins intensifs

« Le 1er décembre 2024, je participais au Run and Bike de Creil. À vélo, j’étais incapable de suivre mon binôme alors qu’il était à pied. Je me suis senti anormalement fatigué et j’ai fait un malaise. » Conduit aux urgences, on lui prescrit un scanner qui révèle une artère principale du cœur bouchée à 80 % et la nécessité de lui poser un stent. Après ça, le Valdoisien veut reprendre le sport pour éviter de voir son image de lui-même partir en miettes. Très à l’écoute de son corps, il y parvient. Mais le 21 septembre 2025, nouveau coup dur. « Je participe à l’Half-Ironman de Cervia (Italie). Après 10 km de vélo, je me suis senti nauséeux avec des douleurs terribles à la trachée puis à la poitrine. Allongé par terre, je me suis senti mourir. » Victime d’un infarctus grave, il passe cinq jours en soins intensifs. « J’ai fait une thrombose aiguë du stent, une complication rare, fatale dans 80 % des cas. » Sa réadaptation cardiaque le conduit ensuite dans un service dédié où il croise essentiellement des fumeurs, des personnes alcooliques et en surpoids. « J’étais comme un alien dans un monde qui n’est pas le mien. Je ne pouvais pas faire 40 séances de réadaptation à me cantonner à cinq pompes et quelques minutes de vélo. Ça m’aurait porté un coup fatal. »

Renaissance

Il recherche alors une aide adaptée dans son objectif de reprendre le triathlon. Un test d’effort valide sa reprise, puis le cardiologue Arthur Cescau et l’entraîneur Nicolas Terrien (coach assistant de Bastien Kerangoff chez Tri Lab) le suivent pas à pas. « Il y a moins d’intensité et de volume dans mes entraînements mais plus de plaisir qu’avant. En course à pied, je suis pacer de ma compagne à 42′ au 10 km et 3h20 sur marathon. Et en triathlon, je suis inscrit aux Half-Ironman de Salou le 9 mai et de Vichy le 22 août 2027. Aux sportifs qui vivront le même désarroi, je veux transmettre un message d’espoir », conclut Jacques Toriel.