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À peine un an et demi après le lancement de Ligue 1+, le championnat de France s’apprête déjà à changer de modèle économique. La Ligue de football professionnel (LFP) ouvrira ce mardi 3 novembre un nouvel appel d’offres pour commercialiser les droits de diffusion de la Ligue 1 à partir de la saison 2027-2028. Les candidats auront jusqu’au 7 décembre pour déposer leur dossier, avec des engagements financiers et des garanties renforcées. L’objectif est notamment d’éviter un nouveau fiasco comme celui de Mediapro, qui avait profondément fragilisé le football français.
Cette consultation portera sur les cinq saisons allant de 2027 à 2032, alors qu’une commercialisation pour la période 2029-2034 avait initialement été envisagée. Ce changement de calendrier s’explique notamment par l’intérêt manifesté par plusieurs opérateurs pour une attribution plus rapide. La LFP doit également composer avec les échéances contractuelles de Ligue 1+, dont les accords de distribution comportent une clause de sortie à activer avant la fin du mois de mars.
Contrairement à certains précédents appels d’offres, la Ligue a choisi de ne pas découper son championnat en plusieurs lots. Les neuf rencontres de chaque journée seront proposées dans un ensemble unique et exclusif, afin de simplifier l’offre pour les diffuseurs comme pour les téléspectateurs.
Deux modèles économiques seront toutefois étudiés. Le premier repose sur une cession classique des droits à un diffuseur, qui exploiterait directement les rencontres. Le second permettrait à un opérateur de devenir le distributeur exclusif de Ligue 1+, la plateforme lancée par la LFP. Autrement dit, la disparition de Ligue 1+ n’est pas forcément à l’ordre du jour. La chaîne pourrait continuer d’exister après l’été 2027, mais sa distribution serait alors confiée à un partenaire exclusif.
Le prix de réserve, c’est-à-dire le montant minimum exigé par la LFP, restera confidentiel. La Ligue souhaite obtenir des revenus sensiblement supérieurs aux prévisions financières de Ligue 1+, et pas simplement aux recettes actuellement générées par la plateforme.
Parmi les candidats potentiels, Canal+ reste évidemment un acteur incontournable. Mais son retour est loin d’être acquis. Interrogé récemment, Maxime Saada, président du directoire du groupe, a clairement rappelé que toute acquisition devait répondre à une logique de rentabilité.
« Nous sommes dans une position où nous n’avons pas vraiment besoin de ces droits », a notamment expliqué le dirigeant, laissant entendre que Canal+ ne participerait à la bataille qu’à des conditions financières jugées intéressantes.
Du côté de beIN Sports, aucune candidature officielle n’a été annoncée non plus. Le diffuseur qatari pourrait néanmoins être intéressé par un retour plus important sur le championnat de France, alors qu’il possède déjà plusieurs compétitions majeures dans son catalogue. Son directeur des antennes, Florent Houzot, avait d’ailleurs souligné l’importance de l’exposition et de la distribution dans la valorisation des droits sportifs.
La grande inconnue concerne les plateformes américaines. Toujours selon RMC Sport, Disney+ pourrait être l’un des acteurs à surveiller, après son arrivée sur le marché français des droits sportifs avec l’acquisition du championnat espagnol.
Paramount représente une autre piste crédible. Le groupe américain s’était déjà manifesté lors du dernier appel d’offres pour les droits de la Ligue des champions en France, sans parvenir à devancer Canal+. Il a néanmoins renforcé sa présence sur le marché européen des droits sportifs.
Enfin, Amazon Prime Video pourrait envisager un retour, après avoir déjà diffusé la Ligue 1 pendant plusieurs saisons. La possibilité de récupérer l’intégralité du championnat pourrait intéresser un acteur capable d’utiliser le football comme levier de recrutement et de fidélisation de ses abonnés. Pour l’instant, ces noms restent des candidats potentiels et aucune offre n’a été officiellement dévoilée.
L’appel d’offres sera supervisé par les cabinets d’avocats Joffe & Associés et Latham & Watkins, avec l’appui d’un comité de pilotage réunissant notamment Vincent Labrune, Olivier Bramly, Olivier Létang, Jean-Pierre Caillot et Nicolas de Tavernost. Le fonds d’investissement CVC sera également associé aux discussions.
Si la date limite de dépôt des offres est fixée au 7 décembre, le nom du futur diffuseur ne sera pas nécessairement connu ce jour-là. Si aucune proposition n’atteint le prix de réserve, la LFP pourra poursuivre les négociations directement avec les opérateurs intéressés.
L’enjeu dépasse largement la simple question de savoir sur quelle chaîne regarder les matchs. Après plusieurs années d’instabilité et de revenus décevants, les clubs français espèrent surtout retrouver une visibilité financière à long terme. Pour les supporters, cet appel d’offres pourrait aussi déterminer le prix et les modalités d’accès à l’ensemble du championnat dès la saison prochaine. Une chose est certaine : le feuilleton des droits TV de la Ligue 1 est loin d’être terminé.
🚨 LA LFP VALIDE UN LOT UNIQUE POUR LES DROITS TV DE LA LIGUE 1 ! 📺🇫🇷
— Actu Ligue 1 (@ActuL1_) October 30, 2026
L'appel d'offres sera lancé le 3 novembre et concernera l'ensemble des matchs du championnat pour la période 2027-2032.
Deux possibilités sont proposées aux diffuseurs :
▫️ Obtenir les droits de diffusion… pic.twitter.com/K9c2ZZY3B5