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Il avait de quoi être frustré. Après la défaite du Havre à Marseille (4-3), dimanche, Didier Digard a vivement contesté l’arbitrage au micro de Ligue 1+. Au cœur de sa colère : un penalty non sifflé dans le temps additionnel, et un carton jaune qui privera l’un de ses joueurs du prochain match face au PSG.
« Pour moi, il y a main. Mon joueur Ayumu Seko prend jaune sur cette action et sera suspendu pour le match du PSG. Ce jaune était évitable, c’est dommage, je trouve que c’est une double sanction. »
Le scénario du match avait pourtant tout d’un exploit. Mené 4-0 dix minutes après la pause, Le Havre a refait surface dans le dernier quart d’heure, porté par un doublé de Josh Maja et un but de Lamine Ndiaye. Le Vélodrome a tremblé. Et dans le temps additionnel, les Havrais ont cru tenir l’occasion d’égaliser.
Une main présumée d’un Marseillais dans la surface. Les Normands réclament un penalty. L’arbitre consulte la vidéo. Rien n’est accordé. Et dans la foulée de l’action, Ayumu Seko écope d’un carton jaune. Un avertissement qui, cumulé, entraîne une suspension pour le déplacement face au PSG.
C’est cette conjonction qui a fait sortir Digard de ses gonds. Non seulement son équipe s’est vu refuser un penalty qu’il jugeait évident, mais elle perd en plus un joueur pour le prochain match. Et pas n’importe lequel : un déplacement face au champion de France. La pilule est dure à avaler pour le technicien normand.
L’entraîneur havrais n’a pas remis en cause l’intégrité de l’arbitre, mais a pointé un enchaînement de décisions qui pénalise lourdement son équipe. Une frustration compréhensible, après un retour aussi spectaculaire qui aurait pu offrir un point inespéré.
Côté marseillais, la soirée a surtout été marquée par la colère de Bruno Genesio contre ses jeunes entrants, jugés responsables de l’effondrement final. Keyliane Abdallah a été rétrogradé en réserve, selon La Provence. Des deux côtés, cette fin de match laissera des traces.
Pour Le Havre, il reste une satisfaction : la capacité de réaction de l’équipe, capable de revenir de nulle part face à un adversaire bien plus armé. Une force de caractère qui pourrait servir face au PSG. Sans Seko, en revanche. Et Digard ne l’a visiblement pas encore digéré.
Ce type de situation alimente régulièrement le débat sur l’usage de la vidéo en Ligue 1. Les entraîneurs réclament plus de transparence sur les décisions, notamment dans les moments décisifs. Digard rejoint la longue liste des techniciens frustrés par l’arbitrage cette saison, à l’image de Will Still le même jour après la défaillance de la goal-line technology à Auxerre.
La commission d’arbitrage sera-t-elle saisie ? Rien ne l’indique. Mais le débat est lancé, et il ne s’éteindra pas de sitôt au Havre.