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Billet d’humeur – Quand le Barça prend le PSG comme référence
Les mots tranchants de Luis Enrique sur la Ligue des champions et l'ambition
@Philippe Lecoeur/Icon Sport

Avant PSG/Barcelone, ce mardi au Parc des Princes en Ligue des Champions, Hansi Flick (61 ans) présente le Paris Saint-Germain comme un test majeur pour son équipe. Ses propos invitent à apprécier un changement de perspective : Paris est aussi devenu l’adversaire contre lequel les autres cherchent à savoir ce qu’ils valent. Ça mérite deux minutes.

Tiens, le contrôle de niveau concerne aussi le Barça

Il y a quelque chose d’assez agréable dans cette manière de présenter la rencontre. Le Barça vient à Paris pour évaluer son niveau. Dit comme cela, on pourrait presque passer à la suite : les conférences de presse débordent de respect, d’adversaires magnifiques et de matches très difficiles, y compris avant de recevoir le dix-septième. Mais le contenu des compliments de Flick mérite mieux qu’un haussement d’épaules. Le technicien parle d’intensité, de pressing, de mouvements et de flexibilité. Il décrit des problèmes de football que son équipe devra résoudre. Voilà une reconnaissance qui a davantage de goût qu’un classement des effectifs les plus chers.

On a tellement accompagné les rendez-vous européens du PSG de questions sur sa légitimité qu’il faut parfois un petit effort pour changer ses habitudes. Paris pouvait-il rivaliser ? Résister ? Confirmer ? Le club passait régulièrement un oral, avec un jury rarement débordant de bienveillance. Désormais, le questionnaire circule aussi dans l’autre vestiaire. Et quand celui-ci est occupé par Barcelone, le déplacement mérite d’être remarqué. On peut apprécier le moment sans demander une statue à l’entrée du Parc.

Être reconnu pour ce qui se passe entre les joueurs

Le plus réjouissant concerne précisément ce que l’adversaire regarde. La richesse d’un effectif attire l’attention ; la manière dont ses joueurs travaillent ensemble impose une préparation. Les permutations compliquent les marquages, le pressing gêne les sorties de balle, les déplacements obligent à prendre des décisions. Le travail de Luis Enrique Martínez (56 ans) trouve là une reconnaissance très concrète : l’équipe adverse doit penser son match en fonction du fonctionnement parisien. Avoir de bons joueurs aide, évidemment. Encore faut-il qu’ils aient autre chose en commun que l’adresse du centre d’entraînement.

Une référence ne gagne pas sur présentation de sa carte

Gardons tout de même les pieds à une hauteur raisonnable. Flick prépare une rencontre, il ne rédige pas l’histoire définitive du football européen. Respecter le PSG lui permet aussi de situer la difficulté du rendez-vous pour ses joueurs. Barcelone reste parfaitement capable de venir gagner au Parc. Et Paris a lui aussi beaucoup à apprendre de cette confrontation. Reconnaître le nouveau statut parisien n’impose pas de distribuer les rôles entre un maître et ses élèves. On peut avoir grandi sans trouver les autres minuscules.

Ce statut change surtout la nature des difficultés. Une équipe prise comme référence est étudiée, ses habitudes sont identifiées, ses points faibles recherchés. Le PSG doit donc continuer à proposer des solutions lorsque l’adversaire a compris les précédentes. C’est là que commence l’exigence intéressante : maintenir la qualité collective, renouveler les réponses et accepter que certains soirs, en face, on ait très bien travaillé.

Apprécier la place, assumer ce qu’elle demande

Luis Enrique a d’ailleurs expliqué ce lundi sa fierté devant l’identité et la personnalité de son équipe, au-delà du résultat contre Manchester City. Cette exigence donne du sens à la reconnaissance adverse : Paris doit pouvoir retrouver des intentions et des repères solides, même lorsque le match se complique. Son football doit rester un moyen de gagner, avec les ajustements nécessaires. Une réputation devient encombrante si l’on commence à jouer pour lui ressembler plutôt que pour battre l’équipe d’en face.

Alors oui, prenons le temps de savourer ce Barça qui vient aussi chercher des réponses à Paris. Le PSG a suffisamment voulu compter dans ces soirées pour apprécier d’y être devenu une référence. La suite demande de la lucidité, du travail et probablement quelques soirées agaçantes. Mais on peut désormais aborder ces affiches sans tendre sa candidature au football européen. Le dossier a été accepté. Il serait temps d’arrêter de venir avec les photocopies.

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