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Le retour du " Gat " à Elne Latour Théza
Sylvain Chatenet et son épouse Elodie et leurs deux petites filles, Kalie et Lana.

Fédérale 3 . Après deux années loin des terrains pour profiter de ses filles, Sylvain Chatenet retrouve le banc de la JSI LT, son club de cœur, aux côtés de Pierre Tubert.

C’était un soir de fin juin, à Elne, aux derniers rayons de soleil étiolés. Les bières tintent au domicile de Sylvain Chatenet (37 ans) et Gilles Fosse, le nouveau président de la JSI LT, n’est pas loin de décrocher la queue de Mickey : ramener Sylvain Chatenet sur le banc… de l’équipe Une. Manque juste l’aval de la compagne de l’ancien entraîneur de la B.
«Je lui avais dit, ce n’est pas moi qu’il faut convaincre, sourit l’ancien pilier-2e ligne, formé à l’ombre de Maurice-Erre et passé par l’ES Catalane et Le Boulou en Fédérale 3, avant de raccrocher très tôt les crampons, à 24 ans, après quatre hernies discales. Mais Gilles a été très bon. Et Elodie très compréhensive. Sans son accord je n’y serais pas allé. Elle était un élément essentiel de l‘équation et elle a senti dans mon regard que j’en avais envie ». Quelques semaines plus loin, «Gat» poussait à nouveau les battants des vestiaires illibériens après deux années de pause. « Car j’avais besoin de souffler et voir grandir mes deux filles (Kalie, 5 ans et Lana 3 ans) ». Au veston tout de même, avec son binôme Xavier Ballaneda, un titre de vice-champion de France de Fédérale 3B en 2019 (défaite en finale contre Mouguère à St-Girons), pour sa première saison à la tête de la réserve de la JSI.

« Etais-je légitime ?»
« On ne ressemblait à rien, mais les gars se sont dépouillés comme jamais ». Avec une génération de jeunes joueurs qu’il retrouve cette saison en Une. «Excepté Guillem Ferrer, je connaissais tout le monde. Ça aide, c’est sûr. C‘est aussi pour cela qu’on a pensé à moi ». Mais pendant une semaine, ses nuits ont plutôt été agitées. « J’ai cogité croyez-moi avant d’accepter le poste. Étais-je bien légitime ? ».
D’autant qu’on lui proposait le poste de Jay Padern, un ami qui l’avait fait venir au club. « Je ne voulais pas donner l’impression de le trahir mais quand il m’a dit fonce, j’ai balayé les derniers doutes ». Car chez l’employé aux espaces verts de St-Cyprien, la loyauté est érigée au fronton d’une famille bercée par l’ovale de cuir. « À la maison, c’est vrai qu’à la maison, on parlait beaucoup rugby. Mes deux frères aînés (Nicolas et Guillaume) ont su me montrer la voie ».
Depuis fin juillet, il forme avec Pierre Tubert (46 ans), le nouveau duo d’une JSI aux 68 séniors, qui ne « vise rien d’autre que le maintien car nous sommes en reconstruction. C’est le lot des équipes qui n’ont pas de sous et qui ont effectué un recrutement numériquement minimaliste. Elne, c’est mon club, c’est chez moi. Une formidable école de rugby qui a formé de grands joueurs comme Olibeau, Planté, Manas… C’est aussi ça notre job, façonner des jeunes pour qu’ils jouent un jour plus haut…».
Après deux années à regarder le rugby depuis la touche, il a donc remis le pied dans l’étrier. Avec les mêmes doutes, peut-être, mais une envie retrouvée. Et surtout, la certitude d’être revenu là où son histoire avait commencé : à Elne, chez lui.

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