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Seize ans après une formule restée célèbre, José Mourinho reparle encore de “chat”. Mais cette fois, le message n’a plus tout à fait la même fonction.
José Mourinho a toujours aimé les formules qui restent. En 2010, lors de son premier passage au Real Madrid, il avait utilisé l’image d’un chat pour critiquer le manque de solutions offensives à sa disposition. Higuaín était blessé, Benzema restait le seul véritable avant-centre et le Portugais avait lâché cette phrase devenue célèbre : « Si tu n’as pas de chien pour aller chasser et que tu as un chat, tu pars avec le chat. »
À l’époque, Mourinho utilisait cette image pour mettre la pression sur sa propre direction. Il voulait un renfort en attaque et n’hésitait pas à exposer publiquement ce qu’il considérait comme une faiblesse du club. Cette posture de contre-pouvoir faisait partie du personnage qu’il incarnait alors à Madrid.
Seize ans plus tard, le “chat” est revenu dans un tout autre contexte. Après la remontée contre la Roma, Mourinho a utilisé un proverbe portugais, « gato escondido com o rabo de fora », littéralement un chat caché avec la queue qui dépasse, pour laisser entendre qu’une intention se cachait derrière le timing de l’annonce de la suspension de quatre matches de Vinicius.
Cette fois, Mourinho ne vise plus directement son club. Il nourrit au contraire un discours de soupçon tourné vers l’extérieur, notamment autour de l’arbitrage et du traitement réservé au Real Madrid. Le contraste est fort avec le technicien de 2010, qui utilisait ses sorties publiques pour pousser Florentino Pérez et sa direction à agir.
Le symbole est d’autant plus frappant qu’en début de saison, Mourinho avait plutôt rejeté le récit de la conspiration arbitrale. À l’approche du Classico face au Barça, il semble désormais beaucoup plus en phase avec cette ligne.
Le vocabulaire n’a donc pas tellement changé. Le rôle, lui, oui. Le “chat” de 2010 servait à provoquer son propre club. Celui de 2026 sert surtout à entretenir le doute autour de ce qui se passe en dehors du terrain.