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"Je suis une battante" : Sarah Iliev se qualifie pour le tableau principal de l'Open de Caen de tennis
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Sarah Iliev décroche la victoire en deux sets (6-2/6-2) face à Mallaurie Noel, et gagne son ticket pour le tournoi principal de l’Open de Caen. © jls_motion

Sur le court, Sarah Iliev n’est pas du genre à baisser les bras. Pour la jeune joueuse, chaque point compte, jusqu’au dernier. Une détermination qui lui a permis de remporter la finale féminine de l’Open de Caen (Calvados), ce dimanche 1er novembre 2026. Face à Mallaurie Noël (victoire 6-2/6-2), une adversaire qu’elle a su dominer par son agressivité, la Strasbourgeoise s’est adaptée aux conditions de jeu pour aller chercher la victoire. Mais derrière cette réussite se cache un parcours marqué par les sacrifices, commencé il y a plus de 17 ans déjà.

Sharapova, à l’origine d’une vocation

L’histoire de Sarah Iliev avec le tennis commence devant la télévision. Ses parents ont tous les deux connu le sport de haut niveau, sa mère dans le basket et son père dans le football. Pourtant, ce n’est pas dans l’un de ces deux sports qu’elle trouve sa voie. En regardant jouer Maria Sharapova, la jeune Sarah est séduite par la championne russe.

Je la trouvais super jolie, donc j’ai voulu faire comme elle. Sauf que je ne connaissais pas du tout le sport.

Ce qui n’était au départ qu’une attirance pour une joueuse devient rapidement une véritable passion. Sa mère l’inscrit au tennis et, depuis l’âge de 3 ans, Sarah Iliev n’a jamais décroché.

Au fil des années, l’admiration pour Sharapova se transforme en ambition personnelle. La jeune fille ne veut plus seulement pratiquer son sport favori : elle souhaite aller le plus loin possible. Une volonté qui prend une autre dimension lorsqu’elle intègre la Fédération française de tennis, à 13 ans seulement.

Quitter sa famille à 13 ans

Sarah Iliev quitte sa famille pour poursuivre sa formation et se donner le droit d’accomplir son rêve. Un choix précoce, qu’elle mesure pleinement aujourd’hui. « À partir de ce moment-là, je me suis dit que ça allait être mon métier, parce que faire le sacrifice de laisser ses parents à 13 ans, ce n’est pas rien », explique-t-elle. Elle prend alors son courage à deux mains et se lance dans une aventure qui doit la mener vers le haut niveau.

Le tennis devient progressivement le centre de son quotidien. Désormais installée à Paris, elle organise ses journées autour de ses entraînements. Deux séances de tennis, une préparation physique et près de 45 minutes de trajet pour rejoindre son lieu d’entraînement : ses journées peuvent représenter six à sept heures de sport, auxquelles s’ajoutent les déplacements. « C’est tout ce que je fais presque de ma journée », reconnaît-elle. Une organisation exigeante, qui laisse peu de place à autre chose.

Après avoir obtenu son baccalauréat, elle a choisi de se consacrer pleinement au tennis, avec un objectif en tête : parvenir un jour à en vivre. Car, pour l’instant, le rêve n’est pas encore une réalité, surtout financièrement. Les tournois constituent sa principale source de revenus, notamment les CNGT (Circuits Nationaux des Grands Tournois), qui lui permettent de gagner de l’argent plus régulièrement. Mais globalement, les gains restent plus limités, une fois les frais de déplacement et les autres dépenses déduits.

Je ne peux pas dire que j’en vis parce que ce n’est pas le cas. Mais je fais en sorte tous les jours de faire le maximum pour pouvoir un jour en vivre et en vivre bien, j’espère.

Roland-Garros, un déclic pour la suite

Parmi les expériences qui ont marqué son jeune parcours, Sarah Iliev retient notamment sa participation aux qualifications de Roland-Garros, en 2024. À l’époque, elle est encore jeune et aborde la compétition avec l’envie de gagner. Avec le recul, elle mesure davantage ce que cette expérience lui a apporté. « C’est la plus belle expérience. C’est surtout d’être dans le contexte avec tous les joueurs, de voir la vie sur un circuit vraiment professionnel », se souvient-elle. Une immersion qui lui donne envie d’aller plus loin encore et qui continue d’alimenter sa motivation au quotidien.

Son prochain objectif est clair : atteindre le top 300 mondial d’ici à l’été prochain (actuellement 633e mondial). Un cap qui lui permettrait de se rapprocher encore du circuit professionnel et de concrétiser les sacrifices vécus depuis l’adolescence. Mais la jeune joueuse sait que le chemin est long. Les résultats ne suffisent pas toujours à assurer une stabilité financière et chaque tournoi représente une nouvelle occasion de progresser. Alors, elle avance sans se détourner de son objectif, en s’appuyant sur ce qui l’a toujours caractérisée : sa combativité.

Je dirais que je suis une battante parce que je ne lâche rien. J’y crois jusqu’au dernier point.

Elle se souvient avoir renversé de nombreuses rencontres depuis ses débuts, même lorsqu’elle semblait mal embarquée. Une force mentale qu’elle entend conserver pour franchir les prochaines étapes. À Caen, cette détermination lui a permis de s’imposer dans une finale qu’elle a abordée avec l’intention d’être agressive. « J’ai senti que j’ai pu la dominer à plusieurs reprises », analyse-t-elle.

La victoire est belle, mais Sarah Iliev peut encore voir plus loin. En remportant les qualifications, elle décroche sa place dans le tableau principal de l’Open de Caen, qui se déroule du 13 au 16 décembre 2026 au Palais des Sports Caen la Mer. Elle aura une nouvelle occasion de montrer son talent.

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