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En répondant, le mercredi 28 octobre dernier, aux questions d’un public essentiellement féminin, venu écouter le récit de l’équipe En Avant Les Roses à son retour du Maroc, Virginie Boitel a eu cette phrase qui veut presque tout dire : « On m’a demandé à un moment durant l’épreuve pourquoi on avait voulu participer à ce trek de quatre jours dans le désert. Et j’ai mis un moment à me rappeler que c’était le défi que je m’étais fixé avec mes copines, une fois que j’aurais vaincu mon cancer. C’est dire si, par le sport, le dépassement de soi permet de mettre des choses graves derrière nous. »
Ancienne joueuse de l’Évreux AC Basket, ex-capitaine de l’EAC Rugby et professeure d’EPS au lycée Modeste-Leroy, Virginie Boitel était déjà résolument sportive avant que la maladie vienne lui gâcher la vie. Elle l’était d’ailleurs restée pendant son traitement, en s’infligeant une longue sortie quotidienne avec son chien, quelles que soient la météo et sa forme du moment.
Ces séances de marche lui auront finalement servi d’entraînement pour participer avec ses amies Émilie Verleyen et Marie Troude au 8e Rose Trip Maroc 2026. Un trek d’orientation 100 % féminin et solidaire, qui a eu lieu du 22 au 27 octobre derniers, au cœur des dunes de Merzouga.
Parmi les 479 participantes, réunies en 201 équipes de deux ou trois femmes âgées de 19 à 74 ans, le trio ébroïcien a parcouru les pistes du désert, carte et boussole en main, trois jours durant, pour relever un défi à la fois sportif et humain.
« Sportif car il y avait des catégories et un classement après chaque étape. Et quand, après la première, on s’est retrouvée à la 2e place du classement, on s’est dit qu’on allait tout faire pour rester sur le podium », sourit la cheffe de file.
« Bon, on a finalement terminé au pied du podium, car tout le monde n’avait pas la pêche de Mimi (Émilie Verleyen), qui est une vraie machine de guerre (sic) ! Moi la première, car je suis encore sous traitement et je n’ai pas encore recouvré toute mon énergie » explique, sans pathos aucun, Virginie Boitel.
« Les trois premiers jours, on avait trois boucles de 13 à 15 km environ, à parcourir dans le sable ou sur des chemins de terre mais sans aucun repère visuel. À part un énorme enclos rempli de chameaux et sans gardien, il n’y avait rien d’autre que le désert. »
La journée type des concurrentes était à la fois simple et complexe.
« On décollait avant le lever du jour, on partait à la recherche des balises en pointant la boussole tous les 50 m environ et on revenait systématiquement le soir au bivouac, si possible avant le coucher du soleil, où nous attendaient des kinés, des podologues et tout ce qu’il faut pour passer une bonne soirée. »
L’aspect solidaire de l’épreuve a également plu aux trois amies d’En Avant les Roses, nom de l’équipe n° 62 qu’elles avaient choisi bien avant de s’élancer dans ce défi.
« Le dernier jour, on devait escalader la dune de Merzouga. Sans chrono ni classement, mais juste en s’aidant mutuellement pour gravir les 163 m en deux paliers. Je connais la dune du Pilat qui fait 101 m et c’est déjà du sport d’atteindre le sommet. Mais là, on avait l’impression d’escalader un mur. On avait quasiment les fesses de celle qui nous précédait dans le visage, tellement la pente était impressionnante. »
Rentrées mardi dernier sur le sol français avec des photos et des souvenirs plein la tête, les trois copines ont également pu participer à divers dons de 5 000 € pour aider la recherche contre le cancer du sein et diverses associations qui luttent contre la maladie.
« Et nous, comme il nous reste un peu de sous dans la cagnotte qu’on avait créée, on a décidé d’offrir cette somme au centre Henri-Becquerel de Rouen et au personnel qui m’a si bien soigné », précise celle qui a déjà en tête une seconde participation à ce Rose Trip inoubliable.
Parce que, comme le dit l’un des slogans forts de cette épreuve hors du commun : « Les trekkeuses partent pour marcher, elles reviennent avec une histoire à raconter… et parfois une nouvelle version d’elles-mêmes. »