flag
back Retour
Alain Giresse, hommages et émotions
Alain Giresse, hommages et émotions

Alors que le FC Girondins de Bordeaux a amorcé une étape inédite et douloureuse de son histoire centenaire avec ses débuts en Régional 1 ce vendredi à Bayonne, le besoin de se raccrocher aux symboles intangibles n'a jamais été aussi fort chez les supporters bordelais pour qui Alain Giresse incarne l’âme, la fidélité et la grandeur du club au scapulaire. Et il en est de même chez les anciens joueurs

Pour mesurer l’empreinte indélébile laissée par Alain Giresse auprès des fans des Girondins, il suffisait de mesurer la ferveur populaire lors de la célébration du centenaire du Parc Lescure au printemps 2024. Ce jour-là, au milieu d’une constellation de légendes ayant fait chavirer la Gironde, Alain Giresse fut le joueur le plus acclamé par le public. Une ovation plus intense encore que celles réservées à Zinedine Zidane ou Yoann Gourcuff, qui parlent forcément plus aux plus jeunes, rappelant à tous que si d’autres ont touché les sommets du football mondial, Giresse reste le Roi incontesté de Bordeaux.

Ce statut unique, ses anciens partenaires et successeurs le résument avec autant d’admiration que de respect. Marius Trésor, son fidèle compagnon des années glorieuses sous la présidence de Claude Bez, ne manque jamais de rappeler la dimension fédératrice du numéro 10. « Alain, c’était le métronome, le cerveau et le cœur de cette équipe. Il incarnait l’identité du club. Sur le terrain, il bonifiait tout ce qu’il touchait, mais en dehors, il était le garant de nos valeurs. On savait que tant qu’Alain était là, Bordeaux ne pouvait pas s’effondrer », avait-il expliqué.

Pour Patrick Battiston, qui a partagé avec lui les plus belles heures européennes et les titres de champion de France dans les années 1980, l’héritage d’Alain Giresse dépasse le cadre des statistiques, pourtant vertigineuses (592 matchs, 182 buts sous le maillot au scapulaire). « Quand on évoque les Girondins, le premier visage qui vient à l’esprit, c’est le sien, avait-il confié. Gigi, c’est la passion pure, l’amour du maillot porté à son paroxysme. Il a donné ses plus belles années à ce club et a façonné l’exigence du très haut niveau à Bordeaux. Il est notre plus grand repère. »

L’âme du club

Un sentiment partagé par Bernard Lacombe, son compère d’attaque historique, qui mesurait la chance d’évoluer à ses côtés : « Avec Gigi, on se comprenait les yeux fermés. Il avait cette intelligence de jeu rare, cette capacité à sublimer les autres. Pour nous, c’était plus qu’un coéquipier ou un capitaine, c’était le métronome qui faisait battre tout le club au même rythme. »

Même les générations suivantes, bercées par ses exploits, gardent cette même déférence. Christophe Dugarry, formé au club et artisan du renouveau des années 1990, soulignait la portée de son modèle. « Quand vous êtes un gamin qui grandit au centre de formation des Girondins, Alain Giresse, c’est le sommet de la pyramide, avait-il indiqué. C’est la référence ultime. On nous parlait de son professionnalisme, de sa technique et de son attachement à la région. Il nous a montré la voie à suivre pour respecter ce maillot. »

Viscéralement attaché au club

Sur les réseaux sociaux, les plateformes de fans et les forums historiques du club, le nom d’Alain Giresse ne résonne jamais comme un simple souvenir du musée. Alors que le club sombre dans les divisions amateurs, les supporters expriment une forme de nostalgie, regrettant amèrement que les générations actuelles n’aient pas eu la chance de voir grandir un tel joueur sous le scapulaire. « Il nous faudrait un Giresse sur et en dehors du terrain pour retrouver notre dignité », écrit un habitué des forums, tandis que d’autres déplorent le manque d’amour du maillot des époques récentes en le comparant sans cesse à l’abnégation légendaire du petit milieu de terrain.

Au moment où le club entame sa reconstruction dans l’anonymat du football amateur sur la pelouse de Bayonne, l’héritage d’Alain Giresse prend une résonance toute particulière. De quoi faire regretter à beaucoup de supporters que le natif de Langoiran n’ait pas pu jouer un plus grand rôle chez les « Gigi » une fois ses crampons rangés. Et ce d’autant plus que celui qui vit désormais dans la région toulousaine demeure profondément attaché à ses terres natales.

Vous aimerez peut-être

"Tant qu'on ne remettra pas vite la santé des joueurs au centre de la table", "On n'est pas des m...

LA DÉPÈCHE il y a 4 heures

Stade Montois Rugby. « On ne se sent pas écoutés » : les supporteurs partagés entre tristesse et ...

SUD OUEST il y a 3 heures

Grenade. Christian Caubet récompensé pour son engagement bénévole

LA DÉPÈCHE il y a 5 heures

Jauge de spectateurs, parcages de supporters, police nationale, service de sécurité... Comment ce...

LA DÉPÈCHE il y a 2 heures

LFP - Olivier Létang et deux présidents de clubs s'emportent face à la FFF

madeinfoot.ouest-france.fr il y a 28 minutes

OM – Les compliments de Genesio envers l’un de ses joueurs

coeurmarseillais.fr il y a 1 heure

Le Mans FC - La colère de Patrick Videira contre ses joueurs après la lourde défaite face au TFC

madeinfoot.ouest-france.fr il y a 53 minutes

Football : Maisonneuve retrouve un peu de Marseille en Pologne

La Provence il y a 2 heures