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Route du Rhum 2026 : qui sont les favoris, les énormes ou possibles surprises pour la reine des transatlantiques ?

Un grand favori en Imoca, des batailles très incertaines en multicoques Ultim et Ocean Fifty, une meute en Class40 : notre baromètre avant le départ de la Route du Rhum le 1er novembre

Ultim : deux stars et une comète

Tom Laperche (SVR - Lazartigue)
Tom Laperche (SVR - Lazartigue)

**** SVR-Lazartigue et Banque Populaire. Tom Laperche (SVR) a aligné les victoires significatives : sur la dernière transatlantique, la Café L’Or il y a un an (en double avec Franck Cammas) et tout récemment sur les 24 heures Ultim, course d’un jour mais en solitaire, où il a montré sa capacité à enchaîner les manœuvres et les bons choix. Armel Le Cléac’h (Banque Pop) a terminé à 9 minutes sur cette course et semble avoir profité des changements depuis la Café L’Or, gâchée par une manœuvre manquée (4e). Les deux bateaux ont changé leurs appendices au cours de l’année écoulée.

** Premier outsider, Thomas Coville et son Sodebo, en gros progrès, 2e de la Café L’Or, à 4 h 30 seulement de SVR après dix heures de course. Sodebo a ensuite battu le record autour du monde en équipage en 40 jours et 10 heures. Anthony Marchand (Actual) pilote depuis un an l’ex Gitana 17 vainqueur de la dernière édition avec Caudrelier. Il l’a fait évoluer (changement de mât), l’a pris complètement en main.

Armel Le Cléach’ (à droite) candidat à la succession de Charles Caudrelier, qui signerait un exploit monumental en gagnant avec son tout nouveau bateau.
Armel Le Cléach’ (à droite) candidat à la succession de Charles Caudrelier, qui signerait un exploit monumental en gagnant avec son tout nouveau bateau.

La surprise. La comète, c’est le révolutionnaire Gitana 18, qui disputera sa première course. Avec peu de temps de navigation, beaucoup d’allers-retours au chantier pour des développements logiques pour un prototype, son skipper Charles Caudrelier n’est a priori par candidat à la victoire. Terminer serait déjà bien, on ne veut pas porter la poisse mais on se rappelle qu’en 2018, les nouveaux Banque Populaire et Gitana 17 avaient connu des avaries majeures (irrécupérables pour le premier) et abandonné. Un podium serait une sacrée perf, une victoire un exploit majeur… et inattendu.

La déclaration. « J’ai un bateau neuf qui est une arme redoutable, mais ma préparation est très courte avant une course comme la Route du Rhum. (Sur les objectifs) Il faut être prudent. Il faut deux à trois ans pour fiabiliser ces bateaux, un temps qu’ont pris certains de nos adversaires, ça leur permet d’avoir un coup d’avance. Mon bateau est très innovant, plus complexe que son prédécesseur, ce qui implique une connaissance très fine de tous les systèmes, des réglages… Chaque navigation nous rapproche du plein potentiel. » (Charles Caudrelier)

Ocean Fifty : un nom sur toutes les lèvres, mais…

*** Basile Bourgnon (Edenred 5) s’est imposé à 24 ans comme un grand favori, après deux victoires en solitaire dans cette catégorie des trimarans de 50 pieds, sans foils : la Drheam Cup et les 24 heures, coup sur coup. Fils du défunt Laurent, double vainqueur du Rhum 1994 et 1998, Basile possède un talent et, déjà, une expérience saluée par ses pairs. Mais attention, il n’est pas seul dans cette classe assez homogène. Baptise Hulin (Viabilis), Pierre Quiroga (Wewise) peuvent être mis au même rang.

** Léonard Legrand (Sodebo Fifty), Thibaut Vauchel-Camus (Solidaires en Peloton by Delanchy) peuvent être inclus dans les prétendants à la victoire, au podium en tout cas.

La déclaration. « Je suis très heureux de cette deuxième victoire en solitaire cette année (les 24h Ultim). J’y ai mis beaucoup d’intensité dès le départ et je n’ai encore une fois rien lâché. Je ne cache pas mes ambitions sur la Route du Rhum, l’objectif est de gagner ! Cette dernière épreuve confirme que nous avons les moyens de nos ambitions avec Edenred 5. » (Basile Bourgnon)

Imoca : Un grand favori pris en chasse

Sam Goodchild.
Sam Goodchild.

**** Sam Goodchild (Macif Santé Prévoyance), Ambrogio Beccaria (Allagrande Mapei) et Jérémie Beyou (Charal) : le podium, dans l’ordre, des récents 48 heures Azimut en septembre, voilà aussi le trio de favoris. Outre cette course de 550 milles nautiques et 39 heures, Beccaria a remporté la Vendée Arctique en juin en 8 jours, devant Goodchild, tandis que Beyou a gagné il y a un an la transat Café L’Or, avant une opération de modernisation de sa carène. L’Italien dispose de l’ex-Vulnerable vainqueur en 2022 et 4e de la Café L’Or, Goodchild du Macif vainqueur du Vendée 2024 avec le regretté Charlie Dalin.

*** Francesca Clapcich (11hour Racing) a fait 2e de la Café L’Or 2025 et de l’Ocean Race Atlantic (en équipage) en septembre dernier, en 5e de la Vendée Arctique, à 6 heures seulement de Beccaria, après 8 jours et 20 heures de mer. Elle dispose de l’ancien Malizia de Boris Herrmann. Justement, celui-ci est un prétendant avec son nouveau Malizia, 4e de l’Ocean Race.

Surprises. Corentin Hoarau (MASCF) s’acclimate encore à son bateau, l’ex Paprec-Arkéa de Yoann Richomme, 2e du Vendée Globe. Sébastien Simon (Groupe Dubreuil) étrenne sa nouvelle monture, qui n’a couru que les 48 heures Azimut (7e sur 11) depuis sa mise à l’eau. Le 3e du Vendée Globe est dans le cas de Caudrelier en Ultim.

La déclaration. « Je suis fier d’avoir cette étiquette (de favori). Après, je sais qu’être favori, ça ne veut rien dire. Ce qui compte avant tout, c’est de gagner […] Je suis loin d’être le seul. (Il cite tous les noms ci-dessus dont) Ambrogio Beccaria (Allagrande Mapei) qui m’a battu lors de la Vendée Arctique. […] Après, c’est une course en solitaire donc ça va remettre les choses à plat. » (Sam Goodchild)

Class40. C’est trop ! Mission Impossible

Sur les 49 skippers au départ, dix sont montés sur les podiums des courses depuis un an. À la Dreahm Cup de juin, quatorze skippers sont arrivées moins de cinq heures derrière le vainqueur d’une course en 4 jours et 15 heures !

Plus qu’un pronostic, on relèvera que Guillaume Pirouelle (Sogestran Seafrigo) a cumulé quatre victoires en un an, et deux deuxièmes places, que Corentin Douguet (SNSM) a une victoire et deux podiums, Alexis Loison a remporté la dernière course, en septembre, avec son Groupe Réel, construit par NST dans le Médoc comme le précédent vainqueur… Et on retrouve aussi les cadors comme Ian Lipinsky (Crédit Mutuel), Pep Costa (VSF Sports), Pierre Leboucher (Insitut Imagine), Quentin Le Nabour (Bleu Blanc Planète Location), n’en jetez plus. Ah si, Luca Rosetti (Maccaferri Futura), Robin Follin (Solano) et Sophie Faguet (Défi Solidaire avec Ellye et l’Arche)… En tout cas, ce sera passionnant !

La déclaration. « Je ne dis pas qu’on en attendait autant, mais on prend, franchement ! C’est une belle récompense de tous ces mois de travail sur le bateau. Et puis ça permet de montrer qu’on est présents. À moins de deux mois de la Route du Rhum, c’est de bon augure, même si ce sera évidemment un exercice très différent. » (Alexis Loison, après sa victoire sur la 40 Malouine – La Trinquette)

Les classes Rhum Multi et Rhum Mono, aux jauges très diverses, livrent des courses dans un esprit plus loisir, avec souvent des bateaux anciens.

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