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Sous le prétexte de faire des économies, France Galop a lancé récemment un projet de réorganisation de la carte des courses hippiques. L’existence de l’unique réunion annuelle de la société de courses de Sillé était en danger de mort. Ce que les dirigeants locaux craignaient, les instances nationales l’ont fait : France Galop a décidé de mettre fin aux courses de galop à Sillé-le-Guillaume (Sarthe).
Tombée lundi 19 octobre 2026, cette décision se traduit par la très triste fin de l’activité en terre silléenne. Plus de 130 ans d’histoire et de fêtes populaires viennent d’être balayés par un revers de main. C’est le choc à Sillé-le-Guillaume pour le bureau de la société de courses, sa petite centaine de bénévoles et la municipalité.
« Le président Nicolas Madamet, moi-même et nos bénévoles, sommes très tristes de la fermeture injuste et déçus par la façon de faire de France Galop. Il n’y a pas eu le moindre mot pour les bénévoles, c’est irrespectueux, déclare Bérangère Rossignol, la vice-présidente de l’hippodrome de Sillé-le-Guillaume. En prenant la décision de nous supprimer les courses de galop, les instances nationales savaient très bien qu’on allait fermer définitivement. Un hippodrome ne peut pas organiser une réunion avec trois courses de trot. Dans ces conditions, le public ne se déplacera pas, c’est une évidence. »
La Société de courses hippiques de Sillé ne doit rien à personne. Ses bilans sont équilibrés, les enjeux en hausse et ses 70 bénévoles sont d’un dévouement exemplaire.
« On nous a enterrés vivants ! », regrette Bérangère Rossignol. Elle profite de cet article pour remercier les bénévoles mais pas que. « On dit souvent du mal des politiques, de notre côté, nous tenons à remercier Jean-Pierre Vogel, sénateur de la Sarthe, Géraldine Bannier, députée de la Mayenne, Gérard Galpin, conseiller départemental de la Sarthe, et Philippe Gaignon. Ils nous ont soutenus et accompagnés depuis le début de notre combat. »
Maintenant une question se pose. Que va devenir le site de l’hippodrome de Sillé comptant 12 hectares (trois quarts appartiennent à la société de courses et le reste à la Ville de Sillé) ?
« Nous allons réfléchir ensemble de l’avenir de cette infrastructure située en pleine nature à deux pas de Coco-plage. Il y a sûrement de belles choses à faire. Un tour de table s’impose pour ne pas décourager notamment les bénévoles », confie Philippe Gaignon, le maire de Sillé « écœuré » par la méthode de France Galop. « Ils prennent leur décision sans la moindre concertation et ils agissent sans nous faire le moindre signe. J’ai appris la fermeture par Jean-Pierre Vogel. Ce n’est pas normal ! »
Au-delà du cas de Sillé, Bérangère Rossignol et Philippe Gaignon sont très inquiets, à raison, pour l’avenir des courses hippiques en France.
Les décideurs oublient une réalité éclatante, la passion du cheval est liée intimement à la campagne. Les chevaux naissent dans le milieu rural, pas à Paris.
On n’a pas assez de doigts pour compter, entre autres, les Prix d’Amérique remportés par des champions issus de la Sarthe et de la Mayenne.
Les instances ont une drôle de façon de remercier ceux qui sont à la base des courses hippiques.