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Dimanche au Hameau, Pau a dominé Leicester (41-17) pour son entrée en Champions Cup, avec cinq essais et le bonus offensif. Pourtant, les Béarnais n'ont eu que 42,97 % de possession et effectué 98 passes, contre 163 aux Tigers. Ils ont malgré tout réussi 13 franchissements contre trois, battu 25 défenseurs contre 14 et parcouru davantage de mètres, 480 contre 452. Comment expliquer pareille efficacité ?
Leicester a d'abord imposé son rythme, menant 10-3 après dix-sept minutes. Pau a inversé la tendance sur deux actions lancées depuis son propre camp. D'abord, une relance de Théo Attissogbe prolongée par une passe au pied d'Axel Despérès pour Marta. Puis un petit ballon par-dessus la défense de l'arrière béarnais, avant un deux contre un conclu entre Delhommel et Zabala.
Ces séquences illustrent un principe : attaquer les espaces avant que le rideau adverse se réorganise, puis multiplier les solutions autour du porteur. Le jeu au pied peut alors prolonger l'offensive, en passant derrière une ligne montée trop vite. Et quand deux piliers participent à l'ultime décalage, toute l'équipe contribue à faire vivre le ballon.
Le rendement impressionne. Avec 105 ballons joués à la main contre 138, Pau a produit plus de quatre fois davantage de franchissements. Les Béarnais ont aussi donné 35 coups de pied contre 32 aux Anglais. Ils n'ont donc pas simplement tout relancé : leur force fut de choisir les moments où accélérer et de transformer ces initiatives en véritables occasions.
Ce succès s'est également construit sans ballon. Les Palois totalisent 167 plaquages contre 119 et seulement 14 manqués, contre 25 pour Leicester. Leur conquête n'était pourtant pas irréprochable, avec 83,33 % de touches réussies contre 93,33 % aux Tigers. Mais cette activité défensive a limité les dégâts pendant les longues séquences de pression anglaise.
Après un troisième essai inscrit par Marta dès la reprise, Leicester est revenu à 24-17. Pau a ensuite repris ses distances avant l'interception de Fabien Brau-Boirie, synonyme de bonus offensif. On ne peut pas attribuer les 13 franchissements aux seuls ballons de récupération sans examiner toutes les images. Les deux premières réalisations montrent néanmoins comment la Section exploite l'espace dès qu'il se présente.
Pour l'équipe de Sébastien Piqueronies, ces cinq points obtenus avec un effectif remanié constituent un départ précieux en Europe. Le défi sera de retrouver la même justesse face à des défenses plus disciplinées dans leur replacement. Dimanche, Leicester a eu davantage le ballon. La Section, elle, a choisi les meilleures occasions pour le rendre dangereux.