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A 16 ans, cet espoir de Loire-Atlantique en roller est déjà sacrée en Europe : pourquoi pas les Jeux Olympiques ?
Noa Viaux, trois fois médaillée aux Championnats d'Europe de Roller en juillet 2026.
Noa Viaux, trois fois médaillée aux Championnats d’Europe de Roller en juillet 2026. ©Le courrier du pays de retz

À seulement 16 ans, Noa Viaux compte déjà dix années d’expérience en roller, des dizaines de compétitions, de nombreux kilomètres parcourus à travers la France et une belle collection de médailles.

Originaire de Bouaye (Loire-Atlantique), la jeune athlète a brillé cet été 2026 en décrochant trois médailles aux Championnats d’Europe, dont une en or en course à points et une en argent en relais par équipe. Derrière ces performances se cache un quotidien chargé, partagé entre lycée, entraînements, compétitions et déplacements. Une nouvelle aventure pourrait également l’amener bientôt à explorer une autre discipline : le patinage sur glace.

« C’est le roller que je veux faire »

Si ses parents l’imaginaient courir comme eux, Noa a rapidement choisi une autre voie. À 6 ans, elle découvre le roller et décide : « C’est le roller que je veux faire. » Ce choix s’est imposé malgré l’ignorance initiale du fait que sa demi-sœur Lilou avait pratiqué ce sport avant elle.

Aujourd’hui licenciée au club de Bouguenais, Noa s’entraîne presque quotidiennement, avec un volume de 10 à 12 heures par semaine. « Comme dans tout sport, plus on monte en catégorie, plus on a besoin de s’entraîner », explique son père, Thierry Viaux. Les compétitions, particulièrement nombreuses entre avril et juillet, occupent également une grande partie de ses week-ends.

Malgré ce rythme intense, Noa poursuit ses études en terminale générale, après avoir sauté une classe. « Je loupe beaucoup de cours, donc il faut vite rattraper », confie-t-elle.

la lycéenne de Loire-Atlantique mène de front études et haut niveau, avec en ligne de mire un nouveau défi : la glace.
Noa lors du Championnat d’Europe en Italie. ©schaatsfotos & yovima skating

Avec le temps, elle a appris à s’organiser : « Ça fait longtemps, donc je m’habitue et j’ai compris comment m’organiser. »

Son statut d’athlète de haut niveau, reconnu par le ministère des Sports, lui permet de bénéficier d’un emploi du temps aménagé. Son lycée lui libère par exemple le mardi après-midi pour ses entraînements, les autres séances ayant lieu en soirée.

Un rôle qui peut changer

En France, Noa s’illustre aussi bien en vitesse qu’en fond, mais elle se spécialise dans les courses de fond. Aux Championnats d’Europe, les épreuves se distinguent par leur dimension stratégique : chaque patineuse peut être désignée leader ou chargée de soutenir une coéquipière.

Ces rôles, communiqués au dernier moment, peuvent parfois décevoir. « Des fois, on peut s’attendre à l’être et au final, on ne l’est pas », admet Noa, tout en relativisant.

Lors de son premier championnat d’Europe l’année dernière, elle n’était pas leader mais a tout de même décroché une médaille de bronze en soutenant son équipe. Cette année, la situation a évolué : Noa a pris davantage de responsabilités et remporté trois médailles, dont un titre européen. « Ça fait plaisir parce que ça permet de rendre hommage au travail que je mets dans le roller », résume-t-elle.

Hôtel, piste, hôtel, piste

Ces résultats exigent des sacrifices : de l’énergie, du temps et de nombreux déplacements. La plupart du temps, Noa est accompagnée par son père. Lors des Championnats d’Europe, sa sœur Lilou s’est également jointe à eux, rendant l’expérience familiale.

Cependant, les compétitions ne laissent pas de place au tourisme. « Hôtel, piste, hôtel, piste », résume Noa, qui insiste sur l’importance de maximiser la récupération.

Ces déplacements impliquent aussi des frais conséquents, souvent supportés par les familles. En dehors des Championnats d’Europe, les coûts d’hébergement, de transport ou de location de véhicules sont à leur charge. Face à cette réalité, Thierry Viaux cherche des sponsors pour soutenir la carrière de sa fille en échange de visibilité sur ses réseaux.

Noa souligne par ailleurs le manque de visibilité du roller, un sport encore confidentiel. « C’est vraiment un petit milieu », constate-t-elle, regrettant cette situation pour des jeunes investissant énormément de temps dans leur passion.

Des roulettes à la glace ?

À peine son titre européen en poche, Noa explore déjà de nouvelles perspectives. En août, elle a participé à un stage de détection organisé par la Fédération Française de Roller et Skateboard pour développer le patinage de vitesse sur glace.

Cette expérience est une découverte totale pour Noa, qui n’a encore jamais pratiqué le patin à glace. « C’est une totale découverte », confie-t-elle. Le premier stage était consacré à l’évaluation physique et à l’observation de ses capacités de patinage. Trois autres stages sont prévus aux Pays-Bas pendant les vacances scolaires d’automne, de Noël et de février.

À l’issue de ces étapes, Noa saura si elle peut envisager une carrière sur glace. Une opportunité qui pourrait, à terme, l’amener à viser une participation aux Jeux Olympiques. « Elle espère réussir pour pouvoir continuer. Et pourquoi pas, peut-être un jour devenir Olympienne », glisse son père.

Pour l’heure, Noa garde les pieds sur terre. Après le bac, elle envisage des études de droit tout en espérant continuer le roller. À 16 ans, forte de ses dix années d’expérience, elle semble prête à relever de nouveaux défis.

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