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Pour tous les passionnés de Formule 1, il fait partie des icônes. À Monza, le 10 septembre 2006, Michael Schumacher vient de décrocher sa 90e victoire en Formule 1. Pourtant, quelques minutes après avoir célébré devant une foule acquise à Ferrari, l’Allemand provoque un véritable séisme dans le paddock. Lors de la conférence de presse, il annonce qu’il quittera la compétition à la fin de la saison. Un souvenir immense pour tous les fans de F1.
À 37 ans, le septuple champion du monde choisit donc de tourner une page immense de sa carrière. L’annonce transforme immédiatement la joie du Grand Prix d’Italie en moment d’émotion, jusque chez ceux qui l’ont affronté pendant des années. Chez Ferrari, Jean Todt peine à cacher ce que représente ce départ, comme le relatent nos confrères de Sports.fr.
Le dirigeant français rappelle à quel point Schumacher a changé l’histoire de l’écurie italienne : "Michael a été l’auteur d’un chapitre unique dans l’histoire de la Formule 1 et dans celle de Ferrari en particulier. Ce qu’il a accompli va bien au-delà des résultats extraordinaires qu’il a obtenus. C’est un homme d’exception, qui est devenu une légende vivante du sport".
Jean Todt évoque aussi une relation devenue personnelle au fil du temps. "Pour moi personnellement, notre relation professionnelle s’est transformée depuis longtemps en une amitié profonde". Malgré sa tristesse, il dit respecter la décision du pilote et ajoute : "Travailler à ses côtés a été le plus grand privilège de ma carrière". La réaction de Fernando Alonso est tout aussi forte.
Alors en lutte avec Schumacher pour le titre mondial au volant de sa Renault, l’Espagnol reconnaît l’importance historique de son rival. "Michael est le pilote le plus titré et le plus grand de l’histoire de la Formule 1", affirme-t-il. Pour Alonso, courir face à lui donne encore davantage de valeur à ses propres performances. "La Formule 1 va perdre sa plus grande référence historique, et les grilles de départ ne seront plus tout à fait les mêmes sans lui. C’est la fin d’une époque".
Flavio Briatore, qui avait accompagné Schumacher vers ses premiers titres avec Benetton, salue lui aussi un "monstre sacré" et insiste sur son rôle dans l’évolution du métier de pilote. David Coulthard, autre adversaire de longue date, insiste de son côté sur la révolution professionnelle imposée par Schumacher. "On ne peut qu’être impressionné par ce que Michael a accompli durant ces 15 années", explique-t-il.
Il estime que l’Allemand a élevé le niveau en matière de préparation physique, de travail technique et de relation avec une équipe entière. Malgré leurs différends passés, il reconnaît que "le battre avait une saveur particulière". Chez Ferrari, la succession est déjà organisée avec l’arrivée de Kimi Räikkönen pour 2007. Le Finlandais refuse pourtant toute comparaison. "Je ne viens pas pour être le nouveau Michael Schumacher, je viens pour piloter et faire de mon mieux pour l’équipe. L’histoire de Michael est unique". À l’époque, tous ignorent encore que Schumacher reviendra finalement en Formule 1 avec Mercedes entre 2010 et 2012 et qu'il sera touché par un terrible accident. Mais ce jour-là, à Monza, l’impression est bien celle d’un adieu définitif. Et surtout celle d’un paddock soudain uni autour d’un même constat : avec son départ annoncé, une époque entière de la Formule 1 semblait s’achever.