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« Je n’ai aucune rancœur envers Caen », l’heure des retrouvailles pour Jonathan Beaulieu au Stade Michel-d’Ornano
En l’absence de Thomas Allemand, Jonathan Beaulieu a porté le brassard de capitaine du VFC contre Valenciennes.
En l’absence de Thomas Allemand, Jonathan Beaulieu a porté le brassard de capitaine du VFC contre Valenciennes. ©Clément Lemaître

Début septembre, contre Quevilly Rouen Métropole (1-1), Jonathan Beaulieu a prouvé à quel point sa présence équilibrait le milieu de terrain de La Roche-sur-Yon. Buteur quelques instants après son entrée en jeu ce jour-là, le joueur de 33 ans n’a plus quitté le onze du Vendée Foot Club (VFC) en championnat depuis ce match. Jeudi, pour le compte de la 10e journée de Ligue 3, il va affronter un autre club normand : Caen, qui a beaucoup compté dans son histoire personnelle.

Originaire d’Île-de-France et issu de l’INF Clairefontaine, la prestigieuse école française des footballeurs, Jonathan Beaulieu débarque au centre de formation du Stade Malherbe en 2009 à l’âge de 16 ans.

« J’ai fait deux ans en tant qu’aspirant, deux autres en qualité de stagiaire et trois saisons chez les pros. Au total, je suis resté sept ans à Caen, nous confie le numéro 26 yonnais, resté proche de Raphaël Guerreiro et Thomas Lemar. Je ne ressens que des sensations positives à l’idée de revenir au Stade Michel-d’Ornano. J’aime bien ce stade, un peu à l’anglaise. J’ai kiffé la ville de Caen et le club. J’y ai passé des années incroyables. Maintenant, ça reste un adversaire et on voudra gagner le match. »

« Un joueur élégant »

Souvent appelé avec l’équipe réserve (83 matches jusqu’en 2016), le milieu de terrain a disputé un match en professionnel avec le club calvadosien : dix minutes lors d’un deuxième tour de Coupe de la Ligue contre Auxerre (0-3) en août 2013 à l’âge de 20 ans. La saison suivante en Ligue 1, il s’assoit sur le banc à trois reprises (contre Lens, Bordeaux et Nice) sans jamais entrer en jeu.

Jonathan Beaulieu le martèle : il n’a « aucune rancœur envers Caen » malgré son statut de joueur de l’ombre à l’époque. « Ça s’est super bien passé pour moi là-bas. J’ai énormément appris », note l’ex-milieu de Granville (2016-2018), qui a rejoint le VFC en 2024. « Peut-être que j’aurais dû demander à me faire prêter car à l’époque je n’étais pas prêt pour jouer à ce niveau-là.

L’aventure ne s’est pas terminée comme je l’aurais souhaité mais je n’ai aucun regret. Je ne suis pas du tout revanchard envers Caen, loin de là. Comme je le dis aux joueurs du vestiaire ici : j’aimerais que La Roche-sur-Yon et Caen montent ensemble en fin de saison. »

L’ancien entraîneur du Stade Malherbe Caen Patrice Garande garde lui aussi de très bons souvenirs de Jonathan Beaulieu et le fait savoir. « C’était déjà un joueur élégant avec des qualités techniques. Il était capable de faire la bonne passe et de bien relancer vers l’avant dans le jeu court ou long. Au quotidien, il s’entraînait bien. Dans l’attitude, il était pro, confie le technicien au Journal du Pays Yonnais. Après, il n’avait peut-être pas des qualités athlétiques et physiques exceptionnelles. Ça manquait parfois de vitesse et de volume de jeu. Mais, à l’époque, il y avait du monde à son poste. »

Concurrencé par N’Golo Kanté

Du très beau monde même : Jérôme Rothen, Nicolas Seube, José Saez, Fayçal Fajr, Julien Féret ou le futur champion du monde 2018 N’Golo Kanté. « À l’époque, c’était costaud. Ça envoyait, confirme le milieu de terrain, revenu deux fois à d’Ornano avec Chambly en L2 en 2019 (0-0) et 2020 (0-0). La Ligue 1, c’est le Graal. Il faut presque cocher toutes les cases. Moi, je n’ai pas réussi à sauter la dernière haie. Aujourd’hui, je suis un joueur beaucoup plus aguerri, j’ai plus de maturité dans mon jeu. Je me connais davantage. J’aurais peut-être pu exister un peu plus dans cette équipe. »

Dix ans après, Patrice Garande rappelle à quel point Jonathan Beaulieu a été exemplaire malgré son manque de temps de jeu en équipe première.

« Parfois, des joueurs pensent qu’ils sont bons et mettent le bordel s’ils ne jouent pas. Jonathan, ça n’a jamais été ça. C’était un garçon ambitieux et qui voulait jouer. Donc, il n’était sûrement pas content de la situation. Et je le comprends car ce n’est pas facile de se battre tous les jours à l’entraînement et de savoir qu’on ne jouera pas. Mais lui est toujours resté respectueux des choix que je faisais », assure l’ex-coach emblématique caennais. « Je ne suis pas surpris qu’il soit titulaire aujourd’hui à La Roche-sur-Yon et qu’il joue à ce niveau-là. Je me réjouis de le revoir au Stade Michel-d’Ornano. Ça va être un match super intéressant. »

Dans un stade très chaud (14 300 spectateurs en moyenne cette saison), l’expérience caennaise de Jonathan Beaulieu sera ultra-précieuse pour son équipe.

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