flag
back Retour
Une passion née à Port-Blanc : le Breton Francis Le Goff à la tête de sa cinquième Route du Rhum
Francis Le Goff :
Francis Le Goff : « La Route du Rhum est une course mythique ». ©Alexis Courcoux

De La Rochelle au Havre en passant bien sûr par Saint-Malo et Penvénan, son nom est connu sur tous les pontons. Francis Le Goff, de Port-Blanc à Penvénan (Côtes-d’Armor), est l’un des spécialistes français des courses au large à la voile. La Solitaire du Figaro, la transat Jacques Vabre et d’autres dont bien sûr la mythique Route du Rhum, qui s’élancera de Saint-Malo le 1er novembre, l’ont eu comme patron.

115 bateaux au départ

Tous les plus grands skippers lui demandent conseil. Il a pris ses quartiers dans la cité corsaire comme tous les quatre ans depuis cinq éditions.

Je sens depuis quelques jours que ça monte. On m’appelle pour plein de choses. À l’instant, c’était un skipper qui voulait arriver avant. C’est parti.

Au téléphone, le directeur reste calme. Une grande qualité alors que la pression va monter autour des 115 voiliers inscrits au départ, de l’énorme engouement autour de la course et du million de personnes attendues pendant les dix jours précédents sur les pontons de Saint-Malo.

« Inscrit pour durer »

« Avec une arrivée mythique en 1978 en Guadeloupe avec 98 secondes d’écart entre Mike Birch et Michel Malinovski, c’était inscrit pour durer ».

C’est aussi la seule course qui accueille plusieurs catégories différentes, des amateurs comme des professionnels, des bateaux vintage comme les formules 1 des mers.

Pour cette nouvelle édition, le directeur a étoffé son staff : « J’ai deux adjoints supplémentaires, ce qui me permet de me concentrer sur l’essentiel. C’est pas mal », précise-t-il. « Je ne suis pas le meilleur en météo, mais j’ai un adjoint hyper compétent dans le domaine. Pareil pour la logistique ou l’administratif. Par contre je sais faire marcher tout ça ensemble et quand il y a une décision à prendre, je tranche en dernier ».

« Aimer la complexité »

Et des décisions importantes, il y en a souvent à prendre. Jusqu’à même retarder le départ de la course de quelques jours en 2022.

À ce poste, il faut aimer la complexité, sinon ce n’est pas possible.

De son poste de commandement dans les bureaux du Palais du Grand Large, il voit la forêt de mâts qui attendent de border les voiles pour mettre le cap à l’ouest, destination la Guadeloupe.

« Ne pas oublier d’où l’on vient »

Depuis 33 ans, Francis Le Goff dirige aussi la Ligue de voile de Normandie et ses 35 000 licenciés. « Il ne faut jamais oublier d’où l’on vient ».

Son plaisir justement renouvelé : aller voir les jeunes sur les optimists et les autres classes pour garder cet engouement pour les sports de voile.

Une passion née à Port-Blanc : « Mes parents n’avaient pas les moyens de me payer des cours, alors le soir et pendant les vacances, je rangeais les bateaux et le directeur m’a autorisé à suivre l’enseignement ».

Après des stages à l’école de voile de Trébeurden, les diplômes nécessaires en poche, il devient justement directeur de l’école qui l’a formé à Port-Blanc, jusqu’en 1994 où il s’installe au Havre.

Une équipe de Trégorrois

Il n’a jamais oublié les côtes trégorroises, où il revient chaque été. D’ailleurs, autour de lui, pour le départ de la Route du Rhum, on retrouvera de nombreux Trégorrois à plein de postes différents.

Avec tous ces gens que je connais depuis longtemps, je suis en confiance. C’est un peu comme si tu rentrais en famille.

Même pour le départ de la plus grande course transatlantique, Francis Le Goff applique toujours la même recette : « Je fais comme à Port-Blanc ». Une méthode qui a fait ses preuves.