Retour
La Formule 1 prépare son retour en Afrique au début des années 2030 avec un Grand Prix au Rwanda sur un circuit conçu par Tilke Engineering en collaboration avec l'ancien pilote Alex Wurz.
Le futur circuit de Bugesera promet un tracé particulièrement exigeant, marqué par d'importants dénivelés, des virages relevés et des enchaînements techniques où la moindre erreur pourrait coûter plusieurs dixièmes.
Après l'annonce d'un accord de dix ans avec la Formule 1, le Rwanda a dévoilé de nouveaux détails concernant son futur circuit, qui sera construit à Bugesera, à environ 40 kilomètres au sud de Kigali.
Le projet, développé par Tilke Engineering avec la participation d'Alex Wurz, ancien pilote de F1 et président de l'association des pilotes (GPDA), ambitionne de proposer un tracé aussi spectaculaire que technique. L'une de ses principales particularités sera son relief naturel, qui permettra d'intégrer de nombreuses montées et descentes.
« Nous avons eu énormément de chance, car le terrain est très vallonné. Nous avons un lac et pratiquement tout ce dont on peut rêver lorsqu'on conçoit un circuit, explique Carsten Tilke. Cela donne au tracé son caractère : il sera très fluide et très rapide, tout en épousant les caractéristiques naturelles du site. »
Le circuit devrait présenter un dénivelé total de 197 mètres, contre environ 102 mètres à Spa-Francorchamps. Certaines portions afficheront même des pentes comprises entre 12 et 13 %, avec beaucoup de virages relevés et de montées et descentes, donnant au tracé des allures de montagnes russes.
Les concepteurs ont également prévu une ligne droite d'environ un kilomètre débouchant sur une épingle, afin de favoriser les dépassements. Mais au-delà de sa vitesse et de son relief, le circuit rwandais devrait surtout mettre à l'épreuve la précision des pilotes.
Alex Wurz a notamment présenté une section baptisée Forest Canopy Corner, qui traversera une zone boisée sans tribunes ni spectateurs : « Il y aura un virage où seuls les pilotes et la forêt africaine seront présents. Aucun spectateur. Nous autoriserons peut-être une caméra pour que vous puissiez voir ce qui s'y passe ! »
À la sortie de cette portion, les pilotes franchiront une crête avant d'aborder un enchaînement particulièrement délicat de sept virages. Selon Wurz, une erreur dans le premier de ces virages pourrait compromettre toute la séquence.
« Si vous êtes un peu trop gourmand dans le virage 12, vous allez le payer dans les six suivants, estime l'Autrichien. Vous aurez envie d'attaquer très fort à l'entrée, mais si vous le faites, vous risquez de perdre un dixième dans chacun des virages suivants. »
L'objectif est de créer un circuit où la gestion du rythme, la précision des trajectoires et la capacité d'anticipation seront aussi importantes que la vitesse pure.
Wurz souhaite également éviter les défauts de certains tracés modernes, où des enchaînements pourtant intéressants ne permettent pas de préparer une véritable attaque : « Il arrive qu'un circuit possède une excellente combinaison de virages, mais qu'il manque simplement 50 mètres pour pouvoir tenter un dépassement. »
L'ancien pilote estime que le futur tracé rwandais pourrait offrir un compromis intéressant entre technicité et possibilités de dépassement : « En matière de dépassements et de batailles en piste, il devrait être meilleur que Suzuka, peut-être pas aussi parfait qu'Austin, mais presque. »
Avec ses 197 mètres de dénivelé, ses virages relevés et ses passages en pleine forêt, le circuit du Rwanda pourrait devenir l'un des tracés les plus atypiques du calendrier. Reste désormais à voir si ces ambitions se concrétiseront une fois le circuit construit. Ses concepteurs espèrent en tout cas offrir aux pilotes un défi inédit et aux spectateurs des courses particulièrement animées.