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Cinq victoires, Pogacar, la paternité : Benoît Cosnefroy se confie sur sa première saison chez UAE
Benoît Cosnefroy lors de sa victoire sur la Coppa Sabatini le 10 septembre 2026, son 26e succès depuis ses débuts chez les professionnels, son cinquième cette saison.
Benoît Cosnefroy lors de sa victoire sur la Coppa Sabatini le 10 septembre 2026, son 26e succès depuis ses débuts chez les professionnels, son cinquième cette saison. ©UAE Team Emirates

Avant la Veneto Classic ce dimanche 18 octobre 2026, sa dernière course de l’année, le Rauvillais Benoît Cosnefroy dresse le bilan de sa première saison chez UAE Team Emirates.

Que retenez-vous de cette première saison chez UAE ?

C’était une année de rêve pour moi, de courir dans la meilleure équipe avec les meilleurs coureurs. C’est un fort collectif. Je suis très content de mon intégration dans l’équipe, de la famille que j’ai découverte, des résultats que j’ai pu avoir avec l’équipe et de mon année en général. Ce n’est que du positif.

5 victoires

Avant sa dernière course ce dimanche, Benoît Cosnefroy a décroché cinq succès cette saison : quatre au mois de mai, sur le Grand Prix du Morbihan, une étape du Tour de Hongrie, une étape et le général des Boucles de la Mayenne, et une en septembre, sur la Coppa Sabatini.

Après une saison 2025 compliquée, vous avez décroché cinq victoires en 2026, c’est une année positive ?

Bien sûr. C’est très dur de gagner des courses chez les professionnels. Ça peut ne paraître que cinq de plus sur mon palmarès, mais c’est très dur d’en gagner une dans l’année. Quand on arrive à en gagner cinq, on peut s’estimer content. En plus de ça, j’ai pris énormément de plaisir à gagner avec d’autres coéquipiers. Je ne vais pas tous les citer, mais je retiens notamment Tirreno-Adriatico et le Dauphiné avec Isaac (Del Toro), le Tour des Flandres et Liège-Bastogne-Liège avec Tadej (Pogacar).

« Le Grand Prix du Morbihan, c’est là où j’ai eu le plus d’émotions »

Quel est votre meilleur souvenir cette année ?

Je prends autant de plaisir dans une victoire collective que dans une victoire personnelle, voire plus dans une victoire collective parfois. Ma victoire qui m’a le plus marqué cette année, c’est quand même le Grand Prix du Morbihan, parce qu’il y avait un contexte personnel particulier, avec le décès de mon grand-père et la cérémonie juste avant. C’est là où j’ai eu le plus d’émotions. Pour ma famille et pour moi, c’est celle qui sort du lot cette année, même si ce n’est pas la plus belle.

En passant de Decathlon à UAE, votre rôle dans l’équipe a changé. Dans quel domaine pensez-vous avoir le plus progressé ?

Mon rôle n’a pas changé, c’est toujours de gagner des courses. C’était le cas chez Decathlon, c’est pareil chez UAE. En revanche, ma place dans l’équipe a changé. Quand on est un des leaders d’une équipe française, en étant Français, c’est différent de quand je me retrouve chez UAE, où je suis un coureur parmi tant d’autres. Mais mon but est le même, c’est de gagner des courses.

En tant qu’athlète, en quoi êtes-vous différent d’il y a un an ?

J’ai moins d’heures d’entraînement, mais j’ai beaucoup plus de courses à mon actif. C’est un mélange qui a bien fonctionné. Ce n’est pas parce que j’ai changé d’équipe que j’ai fait une superbe année non plus. C’est aussi une contribution globale de ma carrière. Je pense que mes années passées m’ont servi pour cette saison. J’ai aussi un programme qui est plus adapté à moi. Pas forcément beaucoup de courses World Tour, pas de Tour de France, je pense que c’est plus adapté à mes caractéristiques que de faire un Tour de France qui prend trois ou quatre mois dans une saison, entre la préparation et la récupération. Après, mon plus gros changement, c’est d’être devenu père cette année.

La paternité a-t-elle changé votre approche du cyclisme ?

J’ai la sensation que ça n’a pas changé énormément de choses dans mon métier. Je m’entraîne moins d’heures, donc quand je suis à la maison, je suis un peu moins fatigué, j’ai plus d’énergie. Je ne suis pas forcément souvent à la maison car j’ai beaucoup de courses, mais quand j’y suis, j’y suis pleinement. Du coup, mon équilibre familial est bon. J’ai surtout une femme qui assure très bien aux côtés de Linn !

Il ne participera pas au Tour de France

On le sait, Benoît Cosnefroy vit une histoire contrastée avec le Tour de France. Il a certes porté le maillot à pois durant 14 jours en 2020, mais pour le reste, le Rauvillais n’a pas vécu beaucoup d’émotions positives en cinq participations.
« Qu’est-ce que j’irais faire au Tour ? »
Absent de la Grande Boucle lors des trois dernières éditions, le puncheur d’UAE pourrait-il y faire son retour en 2027, sachant que le parcours, qui sera dévoilé jeudi, offrira une étape 100 % cotentinoise ? « Je ne pense pas qu’on me propose de faire le Tour de France l’année prochaine. En tout cas, je ne pense pas que ce serait une bonne idée. Il y a des coureurs bien plus expérimentés et bien plus forts pour ça dans l’équipe », tranche-t-il d’emblée, avant de tuer tout suspense dans la foulée, quant à une éventuelle surprise de dernière minute. « Je n’ai pas forcément envie de faire le Tour, parce que même si ça passe à la maison et que c’est une très belle fête… qu’est-ce que j’irais faire au Tour ? Sportivement, je ne vois pas quel intérêt j’aurais à y aller. Ce n’est pas parce que le parcours passe près de là où je suis né, que ça va me faire changer mon programme. »

Vous côtoyez Tadej Pogacar, l’un des meilleurs coureurs de l’histoire. Comment est-il au quotidien ?

Tadej, c’est quelqu’un qui, comme on le voit, est très simple. C’est un grand champion, mais qui reste humble et qui a tout le temps le souci des autres, notamment de ses coéquipiers. J’ai une relation normale avec Tadej, comme je peux l’avoir avec d’autres coureurs. J’ai été très bien intégré dès le début, même si ce n’était pas facile pour moi. Mon anglais n’est pas encore parfait, mais maintenant, c’est plus facile.

« Tadej, c’est un grand champion, mais qui reste humble et qui a tout le temps le souci des autres »

À votre arrivée, vous êtes-vous senti légitime de figurer au sein de cette équipe ?

C’est vrai qu’au début, quand je partais à l’entraînement avec l’équipement UAE, je me disais que ce n’était pas forcément mérité d’être dans la meilleure équipe au monde. Et puis au fil du temps, on s’y habitue… Je fais partie des 30 coureurs de cette équipe. Je me sens très chanceux et très reconnaissant de ça.

Comment avez-vous réagi à votre non-sélection par Thomas Voeckler pour les championnats du monde et d’Europe ?

Je n’ai pas eu forcément de discussion avec Thomas avant le championnat du monde. Je pense que je n’étais pas dans les plans. Je suis peut-être revenu un peu dans les plans après la blessure de Louis Barré, mais je pense que Thomas a son groupe et je n’en fais pas forcément partie. C’est comme ça, c’est le jeu des sélections, ce n’est pas évident de gérer une équipe de France qui est forte, qui a des ambitions. Je suis resté à la maison et j’ai pu récupérer pour mon dernier cycle de courses italien.

Un automne particulièrement chargé

Benoît Cosnefroy participe ce dimanche en Italie à la Veneto Classic, son 73e et dernier jour de course. Après sa 3e place mercredi sur le Tour de Vénétie, le Rauvillais tentera de terminer sa saison sur une bonne note. Il aura notamment à ses côtés son coéquipier américain, le champion du monde Brandon McNulty. Le jeune papa, qui a fêté ses 31 ans samedi, restera ensuite quelques jours en famille dans « la grande botte », avant de participer à un stage d’une semaine aux Émirats arabes unis. « Beubeu » va ensuite remonter dans le Cotentin pour participer à sa Gentleman le 7 novembre. « Et mi-novembre, je serai déjà sur le vélo depuis quelques jours. Dans un mois et demi, on sera en stage en Espagne. Dans le cyclisme actuel, il n’y a plus beaucoup de saison off… »
Quant à son agenda de la saison prochaine, il n’est pas encore établi et ne dépend pas que de lui. « Je n’ai aucune demande à faire auprès de l’équipe au niveau de mon programme. Je leur fais 100 % confiance. Si je peux un peu changer pour découvrir de nouvelles courses, c’est avec grand plaisir. Mais si je retourne sur le même calendrier, c’est avec beaucoup de bonheur également », confie Benoît Cosnefroy.

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