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Bruno Genesio a beau parler de progrès, l’image reste cruelle : contre l’Olympiakos, Igor Paixao a une nouvelle fois sombré, tandis que Keyliane Abdallah s’est offert le costume de meilleur Marseillais. Deux ailiers, deux soirées, deux trajectoires qui ne se croisent plus. Et en conférence de presse, l’entraîneur a dû jouer les équilibristes entre le joueur qu’il a tout fait pour garder cet été et le minot qui lui force la porte.
Côté Paixao, la ligne officielle est celle de la patience. Selon Genesio, le Brésilien « est en progrès » et n’a besoin que d’un peu de réussite pour débloquer son compteur. Le discours est rassurant, presque paternel. Mais il se heurte à une réalité têtue : méconnaissable depuis la rentrée, Paixao donne le sentiment d’attendre qu’un but tombe du ciel plutôt que d’aller le chercher. Un joueur qu’on a protégé au mercato n’a pas le luxe de n’attendre que de la chance.
Abdallah, lui, n’a pas eu besoin de plaidoirie. Formé au club, il a été le plus en vue face aux Grecs, et l’entraîneur loue sa profondeur et sa capacité à éliminer dans un duel. Genesio insiste d’ailleurs sur son évolution : « Ils ont sensiblement les mêmes consignes, que ce soit Paixao ou Abdallah. Igor est en progrès. Il lui manque la réussite pour marquer, ça lui ferait du bien. Keyliane amène de la profondeur, il peut éliminer en un contre un. Il est en progrès. Ce n’est pas le même qu’en juillet. Il avance et il progresse. Il franchit les étapes ».
Reste à savoir jusqu’où ira la diplomatie du coach. En répétant que les deux hommes reçoivent les mêmes consignes, Genesio laisse entendre que la différence se joue sur le terrain, pas sur le tableau noir. Si la tendance se confirme, la hiérarchie de l’aile marseillaise pourrait bien se renverser d’elle-même, et le débat sur la place de Paixao, comme sur sa valeur marchande, n’en sera que plus brûlant à l’approche de l’hiver.