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« Avant de faire de l’Imoca, j’avais besoin de cocher un certain nombre de cases » : pour le Rochelais Robin Marais, la Route du Rhum est « un premier pas »

Le marin d’origine lyonnaise a acquis son 60 pieds « Respire - Ma chance moi aussi » le 9 juillet. Le timing est serré mais l’ancien ministe et figariste, notamment, voit plus loin que ce départ du 1er novembre, puisqu’il vise celui du Vendée Globe 2028

Compétiteur, Robin Marais vise le classement officieux des bateaux à dérive.

« Après, je suis né à Lyon et j’aime bien le revendiquer, c’est une petite fierté d’être sur la Route du Rhum en Imoca (sur ‘’Respire - Ma chance moi aussi’’, NDLR). Mes icônes, comme Armel Le Cléac’h, sont nées en Bretagne Nord, ont grandi là-bas. On n’a pas eu la même enfance, la même sensibilité. Ils avaient un peu d’avance au départ. La course au large est un sport qu’on peut commencer très tard, on peut développer sa sensibilité très tard », pose le marin de 40 ans.

« Bien entouré » par son équipe

La sienne est bien établie, à la faveur d’un parcours qui l’a vu passer par le Tour de France à la voile, la Mini 6.50, la Class 40, le Figaro, le Tp52 et l’IRC… préparer une Transat depuis La Rochelle n’a donc rien d’inédit. Mais « il y a quand même pas mal de choses nouvelles, notamment la taille du bateau, la configuration du projet, dit-il, assis sur son 60 pieds. Et puis, pour moi, les transatlantiques étaient plutôt le point d’orgue, voire le point final du projet. Là, c’est le premier pas d’un projet beaucoup plus long et ambitieux puisque l’objectif est de faire le tour du monde » et le Vendée Globe 2028.

« J’ai une approche un peu à l’ancienne, je me sens assez proche idéologiquement d’un Jean Le Cam »

Ce premier pas se fera en deux fois, puisqu’il rejoindra ensuite son port d’attache à la voile. Cela l’oblige à tout prévoir et à « être le plus autonome possible, glisse Robin Marais. On verra ce qu’il en est vraiment, s’il n’y a pas de gros pépin sur le bateau, mais l’idée est de mettre un coup de propre à l’arrivée, de prendre 10 jours en famille et de repartir le 1er décembre. »

L’autre changement important, c’est qu’il est désormais à la tête d’une équipe. « Toute petite par rapport à ce qui peut se faire, mais il y a du monde, opine le Rochelais. On ne peut pas tout faire tout seul, c’est impossible. Ne serait-ce quand il faut bouger une voile ; tout est un petit peu plus compliqué, il faut être nombreux. Pareil en termes de logistique quand on veut sortir du port, etc. Dans la plupart des métiers, l’humain, c’est presque le plus dur. La première difficulté, c’est le financement. La deuxième, c’est d’avoir une équipe qui fonctionne, où tout le monde s’entend bien, et ça, mine de rien, c’est assez compliqué. J’ai la chance d’être bien entouré, j’apprends tout ça sur le tas. »

« Après, ça va s’enchaîner »

C’est aussi dans cette optique qu’il sera au départ dimanche – après n’avoir acquis son 60 pieds que le 9 juillet –, « quitte à se mettre dans le jus, pour prendre de l’avance et être dans une bonne configuration l’année prochaine. Parce qu’après ça va s’enchaîner, souffle le quadragénaire. On a l’impression qu’on a le temps avant le Vendée, mais après le retour de la Route du Rhum, on va rentrer le bateau au chantier, puis il restera quelques mois avant la Transat Café l’Or. Ensuite, rebelote, il restera huit mois avant de partir faire le tour du monde. »

« J’ai besoin du classement officieux des bateaux à dérive, de ce petit match dans le match »

Levier pour monter le projet Vendée Globe mais aussi pour se structurer et monter l’équipe, sa Route du Rhum s’appuiera sur chacune de ses expériences, complémentaires : « J’ai une approche un peu à l’ancienne, je me sens assez proche idéologiquement d’un Jean Le Cam, sans aucune prétention. Je n’ai pas de formation d’ingénieur, plutôt de technicien très polyvalent sur le tas. Avant de faire de l’Imoca, j’avais besoin de cocher un certain nombre de cases, de maîtriser l’ensemble des systèmes embarqués, car c’est un bateau vraiment particulier, où il n’y a pas le droit à la faute. S’il y a une erreur de manœuvre, on arrivera toujours à s’en sortir, mais on risque de perdre beaucoup de terrain et d’énergie. »

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