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Le succès décroché le samedi 24 octobre 2026 à Tahiti par Yoann Lecauchois sur le TMUT (102 km) relève de l’exploit. Et pas uniquement en raison de la concurrence ou de la grande difficulté du parcours
Avant de retrouver Yoann Lecauchois sous l’arche d’arrivée en train de lever les bras, le simple fait de le voir sur la ligne de départ était déjà une petite victoire. La veille de l’épreuve, le Cotentinois était en effet « malade comme un chien », victime d’une intoxication alimentaire après s’être laissé tenter par une barquette de poulet sur le marché local.
« J’ai passé 24 heures aux toilettes, je me suis vidé », révèle-t-il, précisant avoir ensuite « dormi 14 heures d’affilée », les batteries totalement à plat.
Le matin du départ, j’étais encore malade. Pour moi, c’était fichu, j’étais sur le point d’appeler l’organisation pour leur signifier mon forfait…
Si les médicaments ont finalement eu un effet salvateur au tout dernier moment, c’est avec une petite mine et surtout avec un esprit encombré qu’il a accroché son dossard. « Je n’étais vraiment pas serein. Après un tel épisode, tu te demandes comment ton corps va réagir sur une course de 100 bornes. Je pensais que ça allait me scier les pattes… »
Remis sur pied, Yoann Lecauchois n’en avait pas pour autant terminé avec ses mésaventures. Vers le 30e kilomètre, il s’est fait « une belle entorse » de la cheville en chutant.
« Sur le coup, je me suis dit que ça n’allait pas le faire, que j’allais devoir abandonner. Pendant quelques kilomètres, je pouvais à peine poser le pied. Cela faisait trop mal. J’ai forcé dessus, j’ai serré les dents. À chaud, la douleur est devenue plus supportable », rembobine le « Viking », que l’on a pu voir la foulée anormalement hésitante dans les derniers kilomètres sur les images diffusées en direct.
« Dans le final, dans la caillasse sur la plage, c’était l’horreur. J’ai bien tiré dessus. À froid, la cheville n’est pas jolie », constate-t-il, conscient qu’une petite pause de course à pied va devoir s’imposer.
Imaginez courir pendant près de 12 heures sans gels énergétiques à disposition. Mission impossible répondront tous les traileurs habitués à ce genre d’efforts.
C’est pourtant ce qu’a vécu samedi Yoann Lecauchois sur le TMUT. La faute à sa compagne et assistante Élise, qui a commis ce fâcheux oubli au moment de préparer sa logistique sur les ravitaillements.
En analysant à froid tous les petits pépins que j’ai connus, je me dis que ma victoire tient presque du miracle. Je dois avoir une bonne étoile sur cette île !
« La pauvre, je n’ai pas été aimable avec elle, alors qu’elle a été exceptionnelle, comme toujours », regrette-t-il. Pour faire le plein de glucides, l’habitant de Saint-Joseph (Manche) a dû se rabattre sur des gels fournis par l’organisation, d’une marque encore jamais utilisée.
Loin d’être idéal en compétition, d’autant plus avec un estomac fragilisé… « Mais c’est passé ! », souffle-t-il, fier d’avoir su faire preuve de résilience pour surmonter toutes ces petites péripéties et s’offrir une nouvelle victoire de prestige. Avec les jambes, et aussi beaucoup avec la tête !