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Dans un récit intimiste particulièrement poignant, le milieu de terrain d'Arsenal se remémore le jour où le staff médical lui a fait comprendre qu'il manquerait le rendez-vous mondial : "En février, j'ai dû assister au PowerPoint le plus déprimant de ma vie. J'étais assis dans un bureau au centre d'entraînement, le pied immobilisé dans une botte orthopédique. Le médecin et le kiné faisaient défiler les diapositives pour me diagnostiquer une fracture de fatigue au pied droit. Je leur ai demandé : 'Très bien, ça va prendre combien de temps ?'. Le docteur m'a répondu six mois. J'étais trop sous le 'choc' pour réaliser et être triste : j'ai fait le calcul dans ma tête et il ne restait que quatre mois avant le Mondial".
L'inquiétude était d'autant plus vive que le médecin-chef des Gunners "n'avait jamais vu de fracture de fatigue sur cette partie du pied" en "30 ans de métier", et que sur les cinq spécialistes consultés, "aucun ne savait comment ni même si j'allais récupérer". Face à l'impasse, l'international espagnol a puisé sa force dans un traumatisme bien plus sombre : l'attentat perpétré par Sergej Wenergold, qui avait actionné trois engins explosifs au passage du car du Borussia Dortmund alors que l'équipe prenait la route pour un quart de Ligue des Champions face à Monaco. Un policier, incapable de retravailler depuis, ainsi que Marc Bartra avaient été blessés. Ce dernier voyageait d'ailleurs habituellement à ses côtés... sauf ce soir-là.
"Je dois avoir un ange gardien sur l'épaule parce que j'ai une chance inouïe d'être en vie", confie Mikel Merino. "Il y a eu une détonation assourdissante et je me rappelle avoir senti le bus presque se renverser. J'ai regardé derrière moi et j'ai vu du sang au sol. De la fumée, des cris. Cette nuit-là, je suis resté à l'hôpital à attendre des nouvelles de Bartra, qui s'était sérieusement ouvert le poignet. Le lendemain, on m'a révélé qu'un énorme morceau de shrapnel s'était logé dans l'appuie-tête du siège situé à côté de Marc. Ma place habituelle. Mais ce jour-là, le siège était vide".
Ce souvenir a agi sur lui comme un véritable déclic. "Ce jour-là, je me sentais trop à l'étroit pour mes jambes et, comme les sièges de devant pouvaient basculer, j'avais choisi de m'y asseoir. Cela m'a sans doute sauvé la vie. Alors oui, je suis persuadé que les choses arrivent pour une raison. C'est pourquoi j'ai fini par me dire : 'Non, je dois jouer. Je serai au Mondial coûte que coûte'". Une détermination sans faille qui a permis à Mikel Merino d'être sur pied pour l'échéance américaine en 2026, de trouver le chemin des filets contre le Portugal puis la Belgique, et d'aider l'Espagne à décrocher sa deuxième étoile mondiale.