Retour
l'essentiel Revenu de Clairefontaine avec une sélection, mais surtout le plein de confiance et de conseils, le néo-international possède désormais un nouveau statut. Le Pitchoun, à la tête de la 14e défense de Ligue 1, espère désormais pouvoir se servir de cette expérience pour passer un cap, individuellement comme collectivement, avec son club formateur du TFC.
C’est la première fois qu’on vous retrouve depuis votre retour de Clairefontaine. Qu’est-ce que cela change d’être international désormais ?
Ça ne change pas grand-chose, comme j’ai dit. Forcément, d’aller en équipe de France, c’est un peu différent, surtout dans cette équipe-là : les A. Ce n’est pas les espoirs, donc il y a un step qui est passé. Maintenant, le retour en club s’est très bien passé, il n’y a pas grand-chose qui a changé, à part le fait que j’ai joué un match en équipe de France A. Mais voilà, c’est que du football. On a pris beaucoup de plaisir pendant ce rassemblement. C’était une très grande fierté de pouvoir jouer avec ces joueurs-là, dans ce stade-là. Je suis très très heureux.
Chez les Bleus, vous avez retrouvé Fabien Barthez. Comment compareriez-vous les méthodes d’Éric Allibert et du champion du monde 1998 ?
C’est différent. Le management, déjà, parce qu’on a quatre matchs tous les trois jours à peu près donc on s’entraîne forcément beaucoup moins. Beaucoup de confiance, beaucoup d’échanges. Tout s’est très bien passé. Je connaissais Fabien un petit peu du TFC, donc l’accueil s’est fait très rapidement. Pouvoir intégrer ce groupe de gardiens-là avec Mike (Maignan, NDLR), avec Jean Butez… Tout s’est très très bien passé. On a très bien travaillé. Mais comme j’ai dit, le rythme est beaucoup moins intense. Donc il faut s’adapter à ça et être prêt quand le match arrive.
Comment avez-vous appris votre titularisation face à la Belgique ?
Je l’ai appris quelques jours avant pour me préparer tranquillement. On s’adapte, on s’entraîne, on reste confiant parce que ce n’est qu’un match de foot. C’est un match entre guillemets comme les autres pour moi. Ils m’ont prévenu un petit peu avant pour que j’aie le temps de me préparer.
Le coach Jens Berthel Askou vous prédisait, déjà en début de saison, un avenir international. Est-ce que cet argument a été décisif ?
On s’est croisé avant que je parte en présaison. Je pensais que j’étais tout seul dans le CT. Et là, j’entends un bruit. On a pu discuter sur le projet de jeu de l’équipe, comment il allait intégrer les gardiens à l’équipe, son souhait par rapport à nous, aux ressorties de balle, au jeu des gardiens. Le fait de jouer haut, avec les pieds et d’être décisif. Il m’a dit qu’il voulait que je reste au club. On a pu bien échanger par rapport à ça. Un premier échange vraiment cool avec le coach, très très positif. Le fait que je sois resté ici… Tout se passe bien pour l’instant. Ça m’a amené en équipe de France, donc c’est top.
Vous rendez-vous compte du rôle que vous avez auprès de la jeunesse toulousaine ? À 21 ans, vous incarnez la relève…
Je suis un Pitchoun. J’essaie de transmettre aux autres Pitchouns qui montent avec les pros, que ce soit les gardiens ou les plus jeunes. C’est mon « rôle » parce que je viens du centre de formation. Transmettre aux autres, c’est une normalité pour nous les Pitchouns qui arrivons dans le monde professionnel. J’essaie de transmettre, de ne pas dire trop de conneries pour qu’ils progressent le plus possible.
À Clairefontaine, vous avez notamment retrouvé un certain Manu Koné…
Oui. On a beaucoup échangé sur notre parcours au club. Il me voyait quand j’étais tout petit, donc je suis toujours son petit. Lui, c’est le grand frère. On a connu pas mal de joueurs en commun, donc c’est vrai qu’on a pas mal échangé sur le club.
Qu’avez-vous ramené d’autre dans vos valises ?
Beaucoup d’expérience. J’ai beaucoup regardé ce qui se passait. Quand tu es à Clairefontaine avec les joueurs qu’il y a, c’est le plus haut niveau possible dans le football. Regarder ce qui se passe, ce que font les joueurs, échanger avec Mike et Jean pour essayer de prendre le plus d’informations possibles sur leur parcours en Italie, la Champions League, la Coupe du Monde, l’Euro… Essayer de ramener tout ça à Toulouse pour faire progresser tout le monde et me faire progresser moi en premier.
Est-ce que le plus dur commence maintenant pour vous ? Vous allez être plus scruté, et il y a cette volonté de retourner en sélection…
Forcément, il y a une étiquette qui a changé vis-à-vis des gens. Mais moi, comme je l’ai dit, il n’y a rien qui a changé pour ma part. Essayer de continuer à être le plus performant possible, de faire gagner des points, de prendre beaucoup moins de buts parce qu’on en concède quand même pas mal sur les derniers matchs. Essayer d’aller chercher des clean sheets et après, les performances. Toujours essayer d’aller chercher le plus haut possible, d’être décisif et d’aider l’équipe à gagner des matchs, tout simplement.
La maturité acquise lors de vos expériences chez les jeunes de l’équipe de France ou encore en Ligue Europa vous a-t-elle permis de mieux appréhender cette expérience ?
Oui, je connaissais pas mal de joueurs donc l’intégration a été facile. Maintenant, l’Europa League m’a juste montré ce que ça faisait de jouer trois fois par semaine. On n’est pas encore au même niveau parce que là, c’était le plus haut niveau possible dans le foot. Regarder ce qu’il se passe, ce que font les très grands joueurs qu’il y a dans cette équipe pour revenir à Toulouse avec de l’expérience.
Vos coéquipiers vous ont-ils chambré ?
Oui, je me suis fait chambrer, mais ça, c’est tout le temps. Ça chambre beaucoup dans l’équipe : les jeunes, les Pitchouns. Bien sûr, ils étaient très contents pour moi. On fait deux ou trois piques, mais ça fait partie du jeu.
Le TFC donne du spectacle depuis le début de saison. Il y a beaucoup de 2-2, des 3-2 aussi… Est-ce que ce n’est pas un peu frustrant pour vous ? Quel regard portez-vous sur ce début de saison où tout va d’un but à l’autre, finalement ?
C’est box-to-box. Il faut essayer de concéder le moins de buts possibles. Il y a trop de matchs où on concède un ou deux buts. Il faut déjà être très très costaud défensivement pour essayer de gagner plus de matchs et après marquer les buts. Mais c’est vrai qu’il y a pas mal de buts qui sont encaissés. On a un jeu un petit peu à risque comme ça. Ça fait partie du jeu, mais il faut essayer de resserrer un peu en défense pour être plus costaud. Le plaisir ? On reste concentré, bien évidemment, mais on prend beaucoup de plaisir. En match ou à l’entraînement, je prends beaucoup de plaisir. Maintenant, j’ai envie d’en prendre plus avec plus de victoires.
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