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« À ma connaissance, je suis le seul d’Élite 2 qui jouait en U17 département il y a 4 ans ! » : le drôle de tracé du basketteur rochelais Andréa Samat

L’arrière aixois de La Rochelle, qui joue à Poitiers vendredi 30 octobre (20 h 50) trois jours après avoir célébré sa vingtaine, a connu un parcours pour le moins atypique, entre N3-N2, premier contrat pro, Bleuets 3x3, etc. Récit

Andréa Samat a découvert les joies de l’équipe de France U21 3x3 l’été dernier à Bucarest lors de la Youth Nations League.

Comme – toutes proportions gardées – le fin Andréa Samat (1,92 m), amant du catch and shoot, 20 ans depuis mardi 27 octobre, qui a pris chemins de traverse et déviations avant de signer son premier contrat pro à La Rochelle au printemps. Le jeune homme d’Aix-en-Provence a commencé près de chez lui à Venelles (où joue Boris Bourichon), avant l’AIL Rousset des U11 à la N2, à 16 ans tout juste, auréolé d’une montée historique avec son papa Christophe pour coach, puis le MSB en Espoirs (2024-2025) et bonjour La Rochelle.

Les yeux grands comme ça

L’intéressé : « À ma connaissance, je suis le seul d’Élite 2 qui jouait en U17 département il y a quatre ans ! Franchement, j’en suis fier, d’avoir progressé aussi vite et sur le tard. Quand je suis arrivé au Mans, il y avait plein de termes basket que je n’avais pas. Tout ce qui est step [sortie du pivot pour gêner le porteur, NDLR], quand tu es en N2-N3, ce n’est que du switch [changement défensif de joueur, NDLR] où tu frappes, tu tapes dans tous les sens pour passer devant. Que de la mailloche. Au MSB, c’était beaucoup plus carré, beaucoup plus propre. Je me suis adapté, je mettais de l’intensité et j’étais prêt à mettre des coups. Je pense que je n’aurais pas signé en Pro B si je n’étais pas passé par ces cases Nationale. Avec mon physique, ça ne serait pas passé. »

« Je ne veux pas faire mon Marseillais mais on devait être 60, il y avait un morceau de tribune pour lui »

À Rousset, en amont de la castagne avec les grands, le petit Andréa avait les yeux grands comme ça. L’ex-capitaine Benoît Paillette s’en rappelle, attendri. « Je sentais qu’il vivait, respirait basket à notre contact, au contact de son père. Il y a une anecdote que je lui ressors à chaque fois, c’est qu’en grandissant, comme il venait tout le temps nous voir jouer, on commençait à lui faire la blague : ''Est-ce que t’as pris ton maillot ?''. Au début, c’était pour rire, parce qu’il avait 12-13 ans, mais il était émerveillé que je lui pose la question. Puis au fur et à mesure on s’est rapproché du moment où il a vraiment pris son maillot, et c’est devenu la normalité. Il s’est entraîné avec nous, il a joué avec nous, il a fait de vraies performances qui l’ont mené à se projeter plus loin. Rousset, c’est un microcosme, on est très content de voir où Andréa en est. Quand La Rochelle a joué à Hyères-Toulon (103-97), je ne veux pas faire mon Marseillais mais on devait être 60 à venir le voir jouer, il y avait un morceau de tribune pour lui. »

Loïs Grasshoff de se féliciter de la voie prise et trouvée par son ami, entre membres du gang des Marseillais

Jamais démarché par une quelconque entité professionnelle jusqu’à ce que le Stade Rochelais Basket l’appelle, Samat a commencé à se sentir à l’étroit à Rousset : « Dans mon petit club de village, on s’entraînait trois fois par semaine maximum. Je voulais vraiment pouvoir m’entraîner tous les jours, avoir des coaches pour du travail individuel, une bonne infrastructure. J’ai envoyé un message au Mans car il y avait des amis à moi… et justement leur poste 2 partait. Je suis parti faire les tests trois jours, ils m’ont rappelé et ils m’ont dit que j’étais pris. »

« Tu joues avec des adultes »

Dans les amis, Loïs Grasshoff, joueur de Blois, frère de Bastien, joueur sarthois. Loïs de se féliciter de la voie prise et trouvée par son ami Andréa, entre membres du gang des Marseillais de la période mancelle. « Il y a des jeunes qui abandonnent parce qu’ils n’ont pas fait le Pôle Espoirs, mais accroche-toi ! Moi en plus, j’ai eu un peu le même parcours qu’Andréa : j’ai fait mes deux dernières années au Mans mais je venais de N2. Et c’est trop bien parce que ça te permet d’acquérir d’autres trucs. Tu joues avec des adultes. tu apprends, donc physiquement c’est plus facile de t’en sortir contre des gars de ton âge. Lui, il est champion de N3, il fait une super saison de N2, il fait une super saison en Espoirs et un an après il signe pro pour trois ans. Ce n’est pas la filière classique, chacun amène son expérience. C’est juste… différent. C’est le mot. »

En l’an 2026, Andréa Samat ne s’est pas contenté de prendre le basket-ball pour métier. Tête haute, il a enfilé un maillot avec écrit « France » dessus, en 3x3, avec les Bleuets version U21, à Bucarest en Youth Nations League. « C’était génial, énorme. Faire l’équipe de France 3x3 et passer pro la même année, si on m’avait dit ça… C’est dingue. » Le replay de ce parcours atypique s’arrête là. Ne pas dépendre que de son tir, gagner en volume, résister en défense, sont des axes pour la suite. Il n’est pas arrivé. Mais c’est déjà bien, déjà beau, d’être arrivé là où il est arrivé.

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