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L'arrivée annoncée du Rwanda au calendrier de la Formule 1 au début des années 2030 suscite des inquiétudes en Belgique dont le contrat du Grand Prix n'a été prolongé qu'un an sur deux.
Alors que Spa-Francorchamps doit déjà alterner avec Barcelone à partir de 2028, l'ajout d'une nouvelle destination pourrait fragiliser davantage la place du circuit belge dans un calendrier de plus en plus chargé.
La Formule 1 poursuit son expansion internationale avec la confirmation d'un accord de dix ans pour organiser un Grand Prix au Rwanda à partir du début des années 2030.
Si cette arrivée marque une étape importante pour le retour du championnat sur le continent africain, elle soulève également des interrogations concernant l'avenir de certaines épreuves européennes historiques. Parmi les circuits potentiellement concernés figure Spa-Francorchamps, dont la présence au calendrier n'est déjà plus garantie chaque saison à partir de 2028.
Le Grand Prix de Belgique doit en effet entrer dans un système d'alternance avec Barcelone, une formule destinée à permettre à la F1 d'accueillir de nouvelles destinations sans augmenter indéfiniment le nombre de courses.
Pour Gert Vermersch, commentateur de Play Sports interrogé par la télévision belge VRT, l'arrivée du Rwanda constitue une nouvelle source de préoccupation : « Je suis un peu inquiet. Il faudra qu'une course disparaisse pour faire de la place au Grand Prix du Rwanda. La Belgique devra donc faire du lobbying », estime-t-il.
Le circuit de Spa-Francorchamps bénéficie pourtant d'une popularité considérable auprès des pilotes et des supporters. Avec ses virages emblématiques, ses dénivelés et son cadre naturel, le tracé ardennais reste l'un des rendez-vous les plus appréciés du championnat.
Mais selon Vermersch, cette réputation ne suffit plus à garantir sa place dans le calendrier : « Les pilotes adorent venir ici. L'ambiance est toujours formidable et c'est l'un des plus beaux circuits du monde, dont le premier Grand Prix remonte à 1925. Malheureusement, cela ne suffit pas aux propriétaires de la Formule 1. »
Le commentateur souligne notamment le poids croissant des considérations économiques dans les négociations entre la discipline et les organisateurs. Les nouvelles destinations sont souvent capables de proposer des droits d'organisation nettement plus élevés que ceux des circuits européens traditionnels.
Une différence qui pourrait peser sur les décisions futures de la F1 : « Les Grands Prix européens ne figurent déjà pas parmi les priorités des propriétaires américains, parce qu'ils rapportent beaucoup moins que les autres courses, affirme Vermersch. Cela place Spa-Francorchamps et Barcelone dans une position relativement fragile en Europe. »
La situation illustre les difficultés rencontrées par les circuits historiques face à l'expansion mondiale de la Formule 1. Avec un nombre limité de places disponibles, chaque nouvelle épreuve renforce la concurrence entre les organisateurs, particulièrement lorsque plusieurs destinations souhaitent obtenir un contrat à long terme.
Pour l'instant, rien n'indique officiellement que l'arrivée du Rwanda entraînera la disparition du Grand Prix de Belgique. L'alternance prévue avec Barcelone constitue toutefois déjà un signe de la pression exercée sur les épreuves européennes. D'autres épreuves pourraient être menacées à moyen terme, comme Budapest ou Bakou.
Les autorités belges devront donc continuer à défendre la place de Spa-Francorchamps, en mettant en avant son histoire, son attractivité et ses retombées économiques. À l'approche des années 2030, la question sera de savoir si ces arguments suffiront à préserver durablement l'un des circuits les plus emblématiques de la Formule 1.