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« Encore beaucoup d’inspiration pour continuer » : à 37 ans, Levani Botia raconte ses joies et ses galères à La Rochelle
Avec plus de 250 matchs disputés sous le maillot maritime, Levani Botia est un vrai Rochelais.
Avec plus de 250 matchs disputés sous le maillot maritime, Levani Botia est un vrai Rochelais.

Douze ans après son arrivée au Stade Rochelais, Levani Botia continue de faire l’unanimité auprès des supporters et des observateurs. Figure emblématique des Maritimes, le Fidjien a traversé les grandes heures du club, remporté deux Champions Cup et disputé deux finales de Top 14. Mais derrière les titres se cachent aussi des épreuves, notamment deux graves blessures aux genoux, qui ont parfois remis en question la suite de sa carrière. Dans cet entretien accordé à Actu Rugby, « Lep’s » revient sur une carrière riches en émotions.

Ses meilleurs souvenirs à La Rochelle remontent au tout début

Malgré les deux sacres européens remportés avec les Jaune et Noir, le souvenir qui revient spontanément à Levani Botia remonte à ses premières semaines sous le maillot rochelais.

« C’est la première année où je suis arrivé à La Rochelle, (en mars 2014, NDLR). Quand on a joué la demi-finale de Pro D2 contre Pau à La Rochelle, j’avais marqué deux essais. Je n’arrivais pas à croire que j’avais pu marquer deux essais. C’est l’un de mes meilleurs moments. En plus, on gagne la finale d’accession la semaine suivante, face à Agen. Il y a aussi les deux Champions Cup que nous avons remportées. Je repense à la finale 2023, quand on a affronté le Leinster chez lui. J’ai démarré la rencontre en tant que titulaire, c’était un sentiment fort.

Un parcours qui l’a conduit jusqu’à un cap hautement symbolique : face à la Section Paloise, il y a trois semaines, le troisième ligne a disputé son 250e match avec le Stade Rochelais. Un accomplissement qu’il n’imaginait pas à son arrivée.

« Je n’avais pas prévu de jouer autant, ni d’atteindre les 250 matchs. Mais maintenant que j’ai franchi cette barre, c’est l’un des plus beaux moments de ma carrière. Comme cela ne faisait pas partie de mes plans, j’en suis vraiment reconnaissant. »

Levani Botia bientôt entraîneur ?

Au-delà des résultats, le Fidjien tient aussi à souligner la force du collectif rochelais, dont la cohésion dépasse largement le cadre du terrain.

« Je n’ai jamais vu une équipe aussi soudée que la nôtre. On entretient des relations en dehors du rugby. On dîne ensemble, on prend un café ensemble un jour par semaine. Greg (Alldritt, NDLR) et les gars choisissent les moments pour qu’on se retrouve tous. On boit quelques bières, du kava ou du café, ou on déjeune et on dîne tous ensemble."

Avec une mention spéciale pour Uini Atonio et Romain Sazy, avec qui il a passé plus de 10 ans sur les terrains. Avec la même idée de reconversion que ses anciens coéquipiers ?

« On a joué si longtemps ensemble. Vers la fin de leur carrière, je me disais que Uini et Romain pourraient devenir mes coachs. Je ne les considère plus comme des joueurs mais je les respecte en tant qu’entraîneurs. Je me suis aussi demandé si je devrais les rejoindre. Peut-être bientôt ? Ce serait peut-être bientôt le bon moment pour me lancer dans le métier d’entraîneur. »

Levani Botia lors de sa dernière sélection avec le Fidji, lors de la Coupe du monde 2023.
Levani Botia, sous le maillot fidjien lors de la Coupe du monde 2023. (

Ses souvenirs les plus douloureux

Au-delà des titres, des victoires et des matchs disputés avec la sélection fidjienne, Levani Botia a également traversé des périodes particulièrement difficiles. Une résilience qui force le respect et contribue à expliquer sa longévité au plus haut niveau.

En 2024, le troisième ligne a notamment été victime d’une fracture du bras, mais ce sont surtout ses deux graves blessures aux genoux, en 2016 puis en 2018, qui ont marqué sa carrière. À chaque fois, le Fidjien a su trouver les ressources nécessaires pour revenir.

« Dans mon parcours, les moments les plus difficiles sont ceux où je me suis blessé aux genoux. C’était dur pour moi. Je pensais que j’allais devoir mettre un terme à ma carrière, car repartir de zéro était difficile. Je devais travailler dur pour regagner ma place dans l’équipe. »

"Quand on revient après une blessure, on n’a plus tout à fait le même état d’esprit. Il faut retrouver la forme et, parfois, on ressent un manque de force. Les sensations doivent revenir progressivement. C’était aussi la première fois que je me blessais aussi gravement. J’avais quelques appréhensions avant de reprendre les contacts."

On a également demandé à Levani Botia s’il aimerait rejouer l’un des matchs de sa carrière. Le Fidjien n’a pas hésité longtemps avant de désigner une rencontre qui lui reste en tête.

« Oui… Peu de temps après notre victoire en finale de Champions Cup face au Leinster, en 2023, nous avions perdu la finale du Top 14 face à Toulouse. C’est un match que j’aimerais bien rejouer. »

À quand la fin de carrière ?

À 37 ans, la question de la fin de carrière revient inévitablement. Il assure ne pas être pressé de tourner la page. Tant que son corps le lui permettra, il entend poursuivre l’aventure.

« Je trouve encore beaucoup d’inspiration pour continuer. Les gens me disent que je pourrais jouer encore deux ou trois ans. Comme je l’ai dit, je ne m’attends pas à m’arrêter maintenant. Honnêtement, ça dépendra de mon corps. Si mon corps me dit d’arrêter, ce sera stop. »

Et si cette aventure se prolongeait jusqu’à une nouvelle Coupe du monde avec les Fidji en Australie l’an prochain ? Le troisième ligne ne ferme pas la porte, même s’il sait que la concurrence est importante à son poste.

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