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Guillaume Jan reste pourtant marqué au fer rouge par ses années dans la Nièvre. Comment ne pas l’être quand on a passé quinze ans dans un club ? Une incongruité dans le milieu. « Ça existe peu, convient le principal intéressé. Mais c’est un contexte particulier Nevers. C’est un peu une bulle. On avait un président qui, quand ça fonctionnait bien humainement, n’aimait pas changer pour changer, malgré des hauts et des bas dans les résultats. » Jeune entraîneur de 27 ans lorsque Bernard Rolland – le père de Matthias, actuel directeur du Castres Olympique – l’a présenté au manager de l’époque Jean-Baptiste Rué, il s’y est construit et épanoui.
Mais comment ce demi d’ouverture, formé à Hyères et à La Valette-Toulon (Var), a-t-il pu se retrouver si tôt embarqué dans une aventure lancée en Fédérale 1 deux ans plus tôt par le président Régis Dumange ? Guillaume Jan le doit d’abord à une blessure qui a précipité la fin de sa carrière de joueur à Mâcon. « Je m’étais fait opérer au niveau de la coiffe de l’épaule. Et comme j’étais cadre technique en parallèle, le président – qui voulait changer les entraîneurs – savait ma volonté de basculer à plus ou moins long terme. » Une montée en Fédérale 1 plus tard, le vice-président du comité de Bourgogne lui a donc permis de forcer son destin.
« Je suis entraîneur du SUA. Donc ce qui m’importe, c’est notre saison et les points dont on a besoin »
Guillaume Jan n’a pas eu de mal à tirer un trait sur ses années de joueur à Pau, Limoges, Châlon-sur-Saone et donc Mâcon. « Même si j’étais encore jeune, c’est le milieu de l’entraînement professionnel qui m’intéressait. Le club venait de monter en Fédérale 1, mais je savais qu’il était structuré et avait beaucoup d’ambition. » Très vite, il s’est imposé comme un fin technicien, avec une philosophie de jeu résolument portée vers l’offensive, et a imprimé sa « patte » sur le jeu de l’USON. Avec parfois des envies d’ailleurs. « Mais à chaque fois, il y a eu des challenges qui se sont rajoutés. » Comme la montée en Pro D2 en 2017, avec l’arrivée de Xavier Péméja.
Guillaume Jan a, malgré tout, fini par quitter Nevers, un an avant la fin de son contrat. C’était pour lui « le bon moment », notamment sur le plan familial avec la scolarité de ses filles. Tout s’est fait très vite. Mis en contact avec Sébastien Calvet fin décembre, l’affaire se concrétisait un mois plus tard. « J’avais besoin de voir autre chose et de me remettre en question. À Nevers, j’ai vécu dans un club neuf, où il y a vraiment un lien mère-fille avec l’entreprise Textilot du président Dumange. Ma volonté était de trouver un club avec une histoire. Je voulais un changement qui soit assez brutal, à la fois dans l’environnement et ce que je pouvais rencontrer. »
Si le fonctionnement du SUA n’est « pas vraiment le même » avec le président Jean-François Fonteneau, Guillaume Jan n’a pas été dépaysé au niveau de celui du staff : « Xavier (Péméja) et Mauricio (Reggiardo) sont des managers qui font vraiment confiance à leurs entraîneurs. Ils nous laissent la place de s’exprimer, d’agir dans nos champs de compétences, voire plus des fois. On a beaucoup de liberté, d’autonomie, même s’il y a un échange perpétuel. » La recette a fait ses preuves. Comme « la patte » Guillaume Jan était reconnue dans le jeu de Nevers, le SUA a battu la saison passée son record du nombre d’essais marqués (102).
Rester fidèle à sa philosophie est sa principale préoccupation, même si l’idée d’enfoncer un peu plus la lanterne rouge ne le réjouit pas. « J’ai beaucoup d’affection pour les personnes qui sont encore au club et j’espère qu’ils vont remonter la pente. Mais je suis entraîneur du SUA. Donc ce qui m’importe, c’est notre saison et les points dont on a besoin. »