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Christophe Dugarry n’a pas tourné autour du pot. Interrogé sur RMC au sujet de la polémique qui embrase la Chine autour de Kylian Mbappé, le consultant a pointé une série d’« erreurs de communication » de la part du capitaine des Bleus, rapporte Foot Mercato. Mais il a surtout désigné d’autres responsables.
« Ça fait beaucoup d’erreurs de communication pour un garçon dont on disait qu’il était un spécialiste en la matière. Mais il n’est pas le seul responsable. Si ça n’a pas été relu, c’est qu’il y a un problème d’organisation. Dans l’organisation qu’il doit avoir autour de lui, il y a des gens qui n’ont pas assumé leurs responsabilités. »
Le message est limpide. Pour Dugarry, une star de la dimension de Mbappé ne peut pas laisser passer une telle séquence sans filtre. Chaque prise de parole, chaque vidéo, chaque contenu devrait être relu et validé. Si ce n’a pas été le cas, c’est que l’organisation autour du joueur a failli. Une critique directe, ou plutôt un réquisitoire, contre son équipe.
Le paradoxe est cruel. Mbappé a longtemps été présenté comme un modèle de maîtrise médiatique, capable de contrôler son image avec une rigueur rare dans le football. Cette fois, une simple question sur son mème préféré a suffi à déclencher une crise internationale.
Car la séquence n’est pas récente. Selon Al Jazeera, la vidéo tournée pour l’émission The Bridge date d’avril. Mbappé y désigne comme mème préféré un montage le représentant sous les traits d’un homme qu’il qualifie de « dictateur chinois ». L’image la plus partagée renvoie à Mao Zedong. Ressortie lundi, elle a enflammé les réseaux sociaux chinois.
L’équipe de The Bridge a d’ailleurs présenté ses excuses à la Chine, selon Foot Mercato. Une démarche qui vient appuyer la thèse de Dugarry : la responsabilité de la diffusion ne repose pas uniquement sur les épaules du joueur.
Le prix à payer est déjà lourd. Sponsors chinois envolés, diffusion de la Liga suspendue sur la télévision d’État, contenus retirés des jeux vidéo : la sanction est massive. Mbappé a présenté ses excuses dans trois langues, sans parvenir à éteindre l’incendie. Et le Real Madrid, qui refuse de s’excuser à son tour, se retrouve sous pression.
Le timing ajoute à la frustration. La polémique éclate au lendemain du Ballon d’Or, où Mbappé a terminé deuxième derrière Harry Kane. Une semaine qui devait être celle de la consécration s’est transformée en cauchemar médiatique. La pilule est dure à avaler.
La sortie de Dugarry n’est pas isolée. Plusieurs observateurs s’étonnent qu’une vidéo aussi sensible ait pu être publiée sans que personne ne mesure les risques, au moment où le joueur est l’une des personnalités sportives les plus exposées de la planète.
Reste à savoir si l’entourage du joueur tirera les leçons de cet épisode. Dugarry, lui, a posé le diagnostic. Et dans le milieu, sa voix porte. Le vestiaire de Mbappé, au sens large, va devoir se remettre en question.