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Propriété des clubs français depuis six éditions, le trophée est légitimement convoité par d’autres écuries bien armées. Tour d’horizon
Après le sacre de Bordeaux-Bègles en mai dernier, le sixième consécutif pour un club français en Champions Cup, les médias britanniques et irlandais se sont interrogés : cette hégémonie tricolore est-elle dangereuse pour l’intérêt de la compétition ? Et surtout, comment la briser ? Quelques clubs d’URC ou de Premiership ont des atouts indéniables.
Champions d’Angleterre, les Saints sont sortis vainqueur du choc contre Bath le week-end dernier, avec un score de basket à la clé (71-48). Enthousiasmant pour certains, inquiétant pour d’autres. Northampton a certes vu partir l’arrière George Furbank, mais son équipe a toujours fière allure, avec notamment l’ouvreur du XV de la Rose Fin Smith et l’inévitable Henry Pollock, qui a récemment prolongé son contrat et qui figure déjà parmi les plaqueurs les plus actifs de Premiership. L’ailier Tommy Freeman est lui aussi en forme avec cinq essais en trois journées. Leurs voyages à Montpellier et au Stade Français peuvent être très délicats si ces clubs français jouent le coup à fond.
Voilà bien longtemps que les Sarries n’ont pas été classés parmi les prétendants à un trophée. Cette saison peut-elle les voir à nouveau briller ? Ils ont en tout cas mené un recrutement intéressant, entre le demi de mêlée gallois Tomos Williams, le massif deuxième ligne anglais George Martin (titulaire en sélection quand il n’est pas blessé) et Alfie Barbeary. S’ils ont vu partir le formidable Tom Willis vers la Gironde, ils peuvent toujours compter sur Maro Itoje, Jamie George, Ben Earl et la pépite anglaise à l’aile, Noah Caluori. Pas inutile quand le calendrier prévoit notamment la réception de La Rochelle et un déplacement à Toulouse.
Ne vous inquiétez pas : Finn Russell est toujours là. Et vu la très coquine (et gratuite) cuillère qu’il a infligée à Henry Pollock le week-end passé, il est dans ses dispositions habituelles. Après avoir cédé sa couronne nationale au printemps dernier, et être tombé en demi-finale de Champions Cup sur le terrain de l’UBB, Bath voudra revenir en haut de l’affiche. Il a toutefois perdu son pilier Springbok Thomas du Toit et le troisième ligne centre Alfie Barbeary. Et devra composer avec un déplacement à Pretoria, chez les Bulls, durant la phase de poules.
Pour la dernière saison de Leo Cullen à sa tête, la province irlandaise, finaliste sortante et à la culture européenne incontestable, est tombée dans la poule la plus accommodante (déplacements à Clermont et Leicester, réceptions de Pau et Sale). James Lowe et Rieko Ioane sont partis, mais pour le renouvellement d’une équipe un peu vieillissante, il faudra plutôt regarder du côté de la formation. Le Leinster, qui a moyennement commencé sa saison d’URC avec l’intégration progressive de ses internationaux, a quitté l’Aviva Stadium pour retrouver une fraîchement rénovée RDS Arena (20 600 places), désormais appelé Laya Arena.
Les Warriors sont dans la même poule que le Leinster, ce qui pourrait leur ouvrir la route vers une phase finale plutôt à domicile. Eux aussi fournissent l’essentiel de la sélection nationale, et leur victoire face à Toulouse la saison passée rappelle qu’ils sont très difficiles à manœuvrer. Ils ont toutefois perdu leur centre Huw Jones, engagé par Toulon. À l’image de leur demi de mêlée George Horne, et d’une troisième ligne infatigable en défense, leur début de saison en URC (deux victoires et un nul) est réussi. Les Palois, qui s’y rendront en décembre, sont prévenus.