Retour
Après avoir refusé d'assumer son accrochage avec Oscar Piastri, Lando Norris a présenté ses excuses. Günther Steiner estime que ce revirement était sincère.
Lando Norris a surpris par son changement d'attitude après son accrochage avec Oscar Piastri lors du Sprint de Singapour. D'abord particulièrement défensif face aux journalistes, le Britannique a finalement reconnu sa responsabilité le lendemain. Un revirement qui a suscité des interrogations, mais que Günther Steiner considère comme une véritable prise de conscience.
L'incident s'est produit dans le dernier tour du Sprint, lorsque Norris a tenté une attaque tardive au virage 5. En touchant la roue arrière droite de son coéquipier, il l'a envoyé en tête-à-queue et contraint à l'abandon, tandis qu'il terminait huitième. Les commissaires ont considéré l'accrochage comme un incident de course, sans infliger de sanction.
Immédiatement après la course, Norris avait refusé d'endosser la responsabilité de l'accrochage, préférant défendre sa manœuvre devant les médias.
Une attitude qui n'aurait pas du tout plu à Andrea Stella. Le directeur de McLaren aurait clairement fait comprendre à son pilote qu'un tel incident entre coéquipiers était inacceptable.
Le lendemain, après un Grand Prix terminé à la quatrième place pour Norris et à la cinquième pour Piastri, le discours du Britannique avait radicalement changé. Il avait reconnu son erreur et même proposé son aide à la radio pour faciliter la remontée de son coéquipier.
Interrogé dans le podcast Red Flags, Günther Steiner reconnaît que cette transformation soudaine pouvait paraître suspecte.
"C'est difficile de savoir exactement ce qui s'est passé. Je crois qu'il s'est excusé auprès de tout le monde, sauf de Piastri. Le lendemain, on avait presque envie de lui dire : 'Whoa, whoa, whoa ! Maintenant, tu en fais trop dans l'autre sens.' Un jour, tu te comportes comme un con, et le lendemain, tu es tout l'inverse. Donc je ne sais pas avec certitude."
L'ancien directeur de Haas estime toutefois qu'une discussion avec Andrea Stella a probablement joué un rôle déterminant.
"Il s'est assis avec Andrea, et je pense qu'Andrea est très bon dans ce genre de situation. Moi, je ne le serais pas autant. Je pense qu'il lui a fait comprendre qu'il s'était comporté comme un abruti. Il lui a simplement expliqué que ce genre de chose ne devait pas se reproduire."
Malgré ses réserves initiales, Steiner ne pense pas que Norris ait présenté ses excuses uniquement pour protéger son image ou apaiser les tensions internes chez McLaren.
Selon lui, le Britannique a réellement pris le temps de réfléchir à son comportement et à la manière dont il avait réagi après l'incident.
"Je ne pense pas que Lando ait fait cela pour des raisons politiques, simplement pour pouvoir dire : 'Je m'excuse maintenant, et tout rentre dans l'ordre.' Je crois qu'il y a vraiment réfléchi et qu'il est arrivé à la conclusion que ce qu'il avait fait était assez stupide."
Pour Steiner, l'accrochage en lui-même reste une erreur regrettable, mais compréhensible dans le contexte d'une bataille en piste. C'est surtout la réaction initiale de Norris qui lui a semblé déplacée.
"Ce n'était pas nécessaire, surtout sa réaction après l'incident. Quand tu percutes ton coéquipier, cela ne devrait pas arriver, mais ce sont des choses qui peuvent se produire."
Steiner estime que le comportement affiché par Norris après le Sprint ne correspondait pas à la personnalité habituelle du pilote McLaren.
Depuis son titre mondial, le Britannique affiche davantage d'assurance, mais cette confiance peut parfois être perçue comme de l'arrogance lorsqu'elle s'accompagne d'un refus de reconnaître ses erreurs.
"Sa réaction ne ressemblait pas à celle du Lando que nous connaissons, avec cette attitude du genre : 'Je suis le numéro un', et tout le reste. Ce n'est pas lui, à mon avis. Je pense donc qu'il a réalisé qu'il avait été un peu trop arrogant et qu'il devait changer d'attitude."
Pour l'ancien patron de Haas, les excuses de Norris traduisent donc davantage une remise en question personnelle qu'une simple opération de communication.
Reste à savoir si cet épisode aura des conséquences durables sur les relations entre les deux pilotes McLaren. Avec un Norris désormais champion du monde et un Piastri déterminé à retrouver sa compétitivité, la gestion de leur rivalité demeure un enjeu important pour Andrea Stella.