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Arsenal : champion d’Angleterre, revenus records… et 60 salariés menacés de licenciement

Le club vient de mettre fin à 22 ans d’attente en Premier League. Il affiche des revenus records. Et pourtant, il s’apprête à supprimer des emplois. Un paradoxe qui en dit long sur l’économie du football anglais.

Sur le terrain, tout sourit à Arsenal. En coulisses, le climat est nettement plus froid. Selon le Telegraph, relayé par Arseblog, le club londonien s’apprête à supprimer jusqu’à 60 postes dans le cadre d’un programme de réduction des coûts. Une annonce partagée en interne par le directeur général Richard Garlick, après un audit mené par le cabinet de conseil BCG.

Soixante postes sur environ 850 salariés. Soit près de 7 % des effectifs.

Le paradoxe des Gunners

Le contraste est saisissant. Arsenal vient de remporter son premier titre de champion d’Angleterre depuis 22 ans. Il a enregistré des revenus records. Et il a récemment offert à son entraîneur un nouveau contrat évalué à 20 millions de livres, selon la presse anglaise.

Et pourtant, le club reste déficitaire. C’est tout le paradoxe du football moderne : on peut tout gagner, battre ses records commerciaux… et continuer à perdre de l’argent.

Rarement une saison aussi réussie aura débouché sur une annonce aussi amère.

Des coûts qui explosent

Les chiffres expliquent en partie cette décision. Dans les comptes arrêtés en mai 2025, la masse salariale atteignait 346,8 millions de livres, de loin la première dépense du club. Les coûts de fonctionnement, eux, avoisinaient les 200 millions de livres l’an dernier, en hausse de 126,7 millions sur trois ans.

Face à cette inflation, la direction entend présenter ces suppressions comme un levier de croissance et d’autonomie financière. Arsenal assure vouloir, dans la mesure du possible, redéployer les salariés concernés vers d’autres postes. Certains secteurs seraient épargnés : le département football, la fondation du club et le service de sécurité.

Autrement dit : les joueurs et le staff sportif ne sont pas concernés. Les salariés de l’ombre, si.

Un mal qui touche tout le football anglais

Arsenal n’est pas un cas isolé. Selon un projet de rapport du régulateur indépendant du football anglais, 94 % des clubs des cinq premières divisions anglaises sont déficitaires. Un chiffre vertigineux, qui rappelle que la richesse de la Premier League cache une réalité financière bien plus fragile.

Le club du nord de Londres n’en reste pas moins une machine commerciale. Mais visiblement, une machine dont le moteur coûte de plus en plus cher.

Une pilule dure à avaler

Pour les supporters, la nouvelle risque de laisser un goût amer. Difficile, en effet, de concilier l’image d’un club triomphant avec celle de salariés poussés vers la sortie. Ou plutôt, difficile d’accepter que les succès sur le terrain ne protègent plus ceux qui les rendent possibles en coulisses.

Le titre de champion a été célébré dans la joie. La facture, elle, arrive maintenant.

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