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Rugby – Pro D2 : "C’est peut-être plus une question de mentalité que de pelouse", à Colomiers, le Racing Club Narbonnais retrouvera une surface synthétique où tout va plus vite
Sur le synthétique d’Aix-en-Provence, Clément Clavières et les Narbonnais avaient beaucoup entrepris. PHOTOPQR/LA PROVENCE/MAXPPP

Le Racing Club Narbonnais se rend à Colomiers, ce vendredi soir (19 h 30), sur la nouvelle pelouse du stade Michel-Bendichou. Cette surface, qui favorise la vitesse et les appuis, pourrait avantager les Audois, déjà performants sur le synthétique d’Aix-en-Provence il y a un mois.

"Peut-on arrêter de jouer sur ces terrains ?" L’ailier international gallois Louis Rees-Zammit a publié cette phrase sur son compte Instagram en début de semaine, accompagnée d’une photo de ses brûlures suite au match qu’il a joué entre Bristol et les Saracens. Il est question des pelouses synthétiques dans les mots du joueur du club des Bears, ces surfaces traumatisantes pour les articulations, provoquant des chocs évidents pour la peau. Ce vendredi soir (19 h 30), le Racing Club Narbonnais officiera sur la toute nouvelle génération de pelouse synthétique au stade Michel-Bendichou.

Cet été, l’enceinte de Colomiers s’est dotée d’une pelouse synthétique à remplissage en liège grâce à la Ville (1,6 M d’euros) pour favoriser le jeu, le confort et aussi l’entretien. Cette saison en Pro D2, neuf des seize clubs évoluent sur des surfaces comme celle des Haut-Garonnais, quand Béziers, Brive et Grenoble sont sur de l’hybride et que Narbonne, Dax, Valence-Romans et Nice font eux avec du gazon naturel. Il y a environ un mois, lors du déplacement à Aix-en-Provence, les orange et noir avaient pu se tester sur une pelouse synthétique. Et cela leur avait plutôt bien réussi : six essais inscrits, 42 points et un bonus défensif chez l’un des favoris du championnat (défaite 47-42).

"Nous avions réussi à imposer notre jeu. Cela ne peut que nous réussir, nous n’avons rien à perdre. À nous de jouer, sans mettre le frein à main. Cette surface peut nous avantager parce que nous voulons mettre du rythme", explique Clément Clavières, titulaire sur une aile du Racing à Colomiers ce vendredi et auteur d’un doublé à Aix-en-Provence sur cette même surface. Et de poursuivre : "Nous ne changerons pas de stratégie parce que la surface est différente, nous allons garder tout ce qui a fonctionné jusqu’à maintenant".

Une surface pour l’ADN de jeu du Racing

Amoureux des espaces, fort sur les appuis et en grande forme depuis le début de la saison, Clément Clavières sait que sur synthétique les sensations ne sont pas du tout les mêmes que sur une surface naturelle. "C’est totalement différent, ça n’a rien à voir. Ça va deux fois plus vite, c’est à double tranchant d’un côté comme de l’autre. Il faut jouer comme nous savons le faire. Le synthétique est bien pour nous et pour eux aussi", argue le joueur de 25 ans.

Ancien ouvreur professionnel, plus de 280 matches à son actif, buteur de renom, l’entraîneur des trois-quarts du Racing Gilles Bosch connaît parfaitement la différence entre chaque surface. "Le jeu va beaucoup plus vite sur du synthétique, les appuis sont meilleurs. Il y a toujours plus de vitesse, mais cela demande aussi d’être prêts à bouger très vite parce que tout est accéléré", décrit-il, en expliquant que cela n’a pas impacté les choix pour effectuer la composition d’équipe qui va affronter Colomiers. Pour autant, le staff de Narbonne a privilégié des profils comme Gabin Pipy, Aphiwe Dyantyi, Clément Clavières donc, ou encore Paul Belzons et Loan Lavergne.

"Nous ne nous sommes pas focalisés sur le synthétique, mais plutôt sur nous. Depuis deux matches, nous sommes mi-figue, mi-raisin. Nous demandons aux joueurs de jouer plus, mais ils ne le font pas. Nous devons nous déplacer sans complexe, en montrant des choses et arrêter d’être entre deux eaux. Je ne sais pas si le synthétique nous aide, c’est peut-être plus une question de mentalité que de pelouse. Nous attendons tout le monde au tournant", distille avec détermination Gilles Bosch.

Sur cette surface du stade Michel-Bendichou, le Racing Club Narbonnais serait bien inspiré de retrouver son ADN de jeu et surtout de faire parler la vitesse de ses joueurs. Comme à Aix-en-Provence, les Audois pourraient se servir du synthétique à leur avantage.

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