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Le Yacht club de Trébeurden, 70 ans d'histoire sur la côte en Bretagne
Le commandant Yves Le Mellot (à gauche) a créé le Yacht Club de Trébeurden.
Le commandant Yves Le Mellot (à gauche) a créé le Yacht Club de Trébeurden en 1956. ©Fonds Barrault

Ponants, Belugas, Dragons, Cormorans, Vauriens. Ils étaient 40, 50 ou plus à courir, chacun dans sa série. Dans les années 1960, à Trébeurden (Côtes-d’Armor), les régates, organisées par le Yacht club, attirent non seulement les voileux mais aussi les spectateurs.

On voyait bien du quai ou des rochers de Pors Termen. Certains allaient sur le toit de l’abri de sauvetage qui servait de tribune.

Un club nautique existe déjà depuis une dizaine d’années quand le commandant Yves Le Mellot, qui réside à Trébeurden, fonde le Yacht club en 1956. Il en prend la présidence tandis qu’André Corriez, directeur de l’entreprise Ercor, devient le premier vice-président.

Les régatiers offraient un spectacle visible depuis la côte.
Les régatiers offraient un spectacle visible depuis la côte. ©DR

Trébeurden, terre de régates

Le colonel Charles Vincent, qui succède au commandant Le Mellot à la tête du YCT, évoque les régates, dans un bulletin municipal de 1970. Huit à 10 courses animent les deux mois d’été. Deux parcours sont balisés : l’un devant Tresmeur et l’autre, de type olympique, devant Pors Mabo.

Il dénombre 50 équipages sur le Grand Prix de la Manche des 470, une trentaine de Vauriens sur leur épreuve, 45 bateaux habitables sur le Grand Prix Philips depuis Roscoff, une vingtaine sur la Coupe Paris-Match vers Port Blanc ou Lézardrieux.

Les VIP du yacht-club

À ses débuts, le YCT est soutenu et encouragé par maintes personnalités comme le rapporte un quotidien du 14 août 1958. La veille de la régate du 14 août est organisé un dîner au manoir de Lan Kerellec. Y assistent le sous-préfet de Lannion, le président du conseil général des Côtes du Nord, René Pléven, plusieurs conseillers généraux et bien sûr le maire Libouban.

Plus récemment, deux navigatrices ont honoré le YCT de leur présence : Ellen MacArthur sur le Mini Fastnet en 1998 et Florence Arthaud sur la Trégor Classique en 2013.

Tirer des bords pour relancer le YCT

Après quelques années de pétole sur le YCT, quelques passionnés de voile, sollicités par la mairie et l’office du tourisme, le remettent à flot en 1986, avant même la construction du port. Christian Saintier et Yvon Guillot font partie de ceux-là.

« On tirait des plans sur la comète à la crêperie Bougand. On s’est retrouvé une cinquantaine de membres très actifs. Le club-house ne fonctionnait guère. Par contre, les membres régataient beaucoup », raconte ce dernier. Et de préciser :

On n’est plus sur le même genre de bateaux. Ce sont des yachts habitables.

La première régate de Yealm, qui réunit navigateurs anglais et français, a lieu en 1992.

La Trégor Cup en 2009
La Trégor Cup en 2009. ©DR

L’épopée de la Trégor Cup

Bernard Lecuyot développe la voile sportive et crée la Trégor Cup en 1999. Il réussit à faire venir une cinquantaine de bateaux de toute la côte sur deux week-ends. Il trouve des sponsors qui rendent possible l’achat de deux First Class 8 et d’un semi-rigide. Un entraîneur départemental suit des équipes de jeunes. Les frères Courmont s’entraînent au YCT. Dans la foulée, la Trégor Cup entreprise est lancée.

Quelques années plus tard, sous la présidence de Yann Nerriec, la Trégor Classique supplante la Trégor Cup car plus aucun membre du club n’y participe. L’aventure dure quelques années.

« On a vendu des Class 8 pour acheter des Open 5.70, plus modernes, pour permettre à des jeunes de régater », se souvient Yann Nerriec. Il a encore en tête le nom d’un membre du YCT, champion de Bretagne, Vincent Catros.

Des partenariats

De tout temps, le YCT a encouragé des relations avec les clubs voisins. Aujourd’hui, le Canot Club de Primel, la Société des régates de Perros-Guirec et le yacht-club de Roscoff s’associent pour organiser la Trégor Léon.

« Il est indispensable qu’entre l’école de voile et le yacht-club règne une collaboration étroite et confiante », indiquait le président du YCT dès la création de l’école de voile en 1960 (source : coupure de presse 1960). Ce partenariat reste entièrement d’actualité.

Aujourd’hui, avec plus de 200 membres, le YCT peut se targuer d’être un véritable rassembleur des passionnés de la mer. C’est aussi un organisateur d’événements reconnu puisque le port de Trébeurden a accueilli de grandes courses comme le National Cormoran, le National Requin ou le National Corsaire en 2026, et bien sûr le championnat de godille.

Marie-José Mignot

Les 50 ans du YCT avaient été l'occasion de rassembler quelques-uns des anciens présidents : Christian Saintier, Jean-François Simotel, Jean-Paul Rizzoni et Yvon Guillot. La fille du commandant Le Mellot (à gauche) a permis la relance du club en jouant l'intermédiaire entre la FFV et la municipalité.
Les 50 ans du YCT avaient été l’occasion de rassembler quelques-uns des anciens présidents : Christian Saintier, Jean-François Simotel, Jean-Paul Rizzoni et Yvon Guillot. La fille du commandant Le Mellot (à gauche) a permis la relance du club en jouant l’intermédiaire entre la FFV et la municipalité. ©YCT

L’IMPORTANCE DU CLUB-HOUSE

Le 1er club-house date de 1961 : une baraque en bois avait été installée à Pors Termen, non loin de la cale sud. Le club compte à l’époque une cinquantaine de membres. Pour y être admis, il faut être présenté par deux parrains, eux-mêmes membres, et que la candidature soit validée par le comité de direction (cf. bulletin municipal 1970).

« Je gérais les nouveaux arrivants et je leur indiquais leur corps mort. Je godillais sur un canot pour amener les navigateurs du yacht-club sur leur bateau », se souvient Jean-François Garel, qui avait été embauché pour les mois de juillet et août 1964. « De jolis bateaux pour l’époque ! J’avais 17 ans et nous étions voisins du commandant Le Mellot, qui m’avait proposé ce travail. »

Il se rappelle ce navigateur qui venait de la Méditerranée. « Lorsque vous viendrez demain matin, votre bateau sera à sec sur un lit d’herbes », l’avait-il averti. « C’était la première fois qu’il voyait une marée. J’ai eu un p’tit pourboire. » Jean-François était aussi préposé au bar.

En 1990, le club est hébergé dans un bungalow cédé par la société du port, puis à la Potinière, jusqu’à la construction de la Maison de la mer. Ce n’est que des années plus tard, que le club a fini par avoir un vrai bar autour duquel se pressent de nombreux membres le vendredi soir.

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