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6 Heures de Barcelone – WEC : les infos de l’avant-course, Genesis en pole
Photo : DPPI / WEC

Déjà dans l’histoire de l’endurance. Avant même le départ, les 6 Heures de Barcelone, avant-dernière manche du Championnat du monde d’endurance 2026 (WEC), proposent déjà de l’inédit. 

Genesis en pole

La Genesis n°17 s’envolera, dimanche midi, depuis la pole position sur le circuit de Montmeló. C’est une première pour la marque, qui a débuté dans la catégorie en avril dernier. 

« Je suis vraiment heureux, a déclaré le patron de l’équipe Genesis Magma Racing, Cyril Abiteboul. Dans le sport, il n’y a pas de meilleure façon de montrer la quantité et la qualité du travail accompli que d’obtenir un bon résultat. Nous avons fait des déclarations, nous avons dit que la voiture était bonne, que les pilotes étaient très compétents et que l’équipe trouvait sa cohésion. Mais le dire est une chose. Le montrer dans une séance en est une autre ». 

Cette première pole position, réalisée aux 6 Heures de Barcelone, est aussi le résultat d’un tour remarquable bouclé dans la séance Hyperpole par le jeune Français Mathys Jaubert. Son 1’30’’166 était 170 millièmes de seconde plus rapide que la Toyota n°8 de Ryo Hirakawa, leader du championnat. 

« La voiture était parfaitement dans sa fenêtre de performance, expliquait le pilote de 21 ans quelques minutes après sa première pole position à l’échelon mondial. Nous avons changé quelques stratégies entre la séance de qualification et l’Hyperpole ce qui nous a fait faire un pas en avant. Après, il s’agissait de mettre tous les ingrédients ensemble ». 

Genesis : à l’aise dans le rapide

Lors des essais libres, les Genesis semblaient déjà particulièrement en forme. Pilote de la Genesis n°19, Paul-Loup Chatin explique : « C’était clair dès notre première sortie en piste avec cette voiture : nous avons un bon potentiel dans les virages à grande vitesse. Et bien sûr, le tracé va dans ce sens, d’autant plus maintenant que le dernier secteur a retrouvé son tracé d’origine ». 

Pour ces 6 Heures de Barcelone, les organisateurs ont choisi d’escamoter l’odieuse chicane, rendant la dernière partie du tracé plus fluide… Une bonne nouvelle pour la voiture coréenne au moment où Genesis entend transformer ses bons fondamentaux en résultats. Pour l’heure, et malgré de belles performances, les équipages n’ont rapporté que dix points au championnat. Le meilleur résultat à ce jour est une 7e place à Austin (Etats-Unis).

« Nous n’avons pas su traduire notre rythme en résultats concrets, en particulier avec la voiture n°19, analyse Mathieu Jaminet, l’un de ses pilotes. Les deux dernières courses, à Fuji et à Austin, en sont le meilleur exemple. Nous avions le rythme pour figurer sans aucun doute dans le top 7 ou 8, et même plus haut dans le classement. Et pourtant, nous n’avons toujours aucun point à notre actif ». 

Cette deuxième Genesis s’élancera en troisième position, malgré une petite alerte technique dans la séance Hyperpole. Le résultat d’ensemble du constructeur impressionne. Reste à confirmer en course. 

Toyota pour le titre

La marque nipponne peut décrocher la couronne constructeurs ce dimanche. Mais Toyota aura besoin d’un bon résultat d’ensemble : « Ça ne sera pas facile. Les cartes ne sont pas seulement dans nos mains, parce que ça dépend aussi de celui de nos concurrents, admet David Floury, directeur technique de Toyota Racing. L’objectif, c’est de se focaliser, comme on l’a fait cette année. Je pense qu’on a une bonne dynamique ». 

Sébastien Buemi, Brendon Hartley et Ryo Hirakawa l’avaient emporté lors de la dernière manche à Fuji (Japon) aux commandes de la n°8. Le trio compte 10 points d’avance sur l’équipage de la Toyota n°7 (Conway, Kobayashi, de Vries) au championnat pilotes. Là aussi, le couronne peut être attribuée ce week-end en cas de résultat favorable.

Photo : DPPI / WEC

BMW dans le dur

Si l’Hélice est encore dans la course au titre à l’occasion de ces 6 Heures de Barcelone, les dernières sorties ont été décevantes. Tout comme les qualifications. Les deux voitures ont été éliminées dès la première partie, ratant la séance Hyperpole. Elles prendront le départ aux 14e et 16e places. 

Le tracé catalan ne correspond pas aux caractéristiques de la M Hybrid V8, nous confirme René Rast, pilote de la n°15, actuellement troisième au championnat avec son partenaire Robin Frijns. 

« De manière générale, il semble que nous soyons un peu plus en difficulté cette année sur les circuits qui comportent beaucoup de virages », constate l’Allemand, vainqueur à Spa et deuxième au Mans. Il est vrai que Montmeló est nettement plus sinueux. Et son asphalte est plus ancien, limitant l’adhérence et épuisant les pneumatiques. BMW devra être créatif pour conserver ses chances. 

Alpine : exit l’option Geely

Le programme Alpine prendra fin après la finale de Monza (Italie), début novembre. Et le constructeur chinois Geely, longtemps pressenti pour reprendre l’effort, n’a finalement pas signé. 

Philippe Sinault, patron de l’équipe, l’a confirmé à nos confrères de L’Equipe : « C’était du sérieux, on a discuté très longtemps, il y avait un réel intérêt de leur part. Mais ça ne se fera pas, et ce n’est pas une bonne nouvelle ». 

La structure Signatech, chargée depuis trois saisons de l’exploitation des Alpine Hypercar, cherche désormais des alternatives. Retour en LMP2 ? Année blanche en 2027 ? « Je me dois d’être optimiste », assure Philippe Sinault. 

Pilote de l’Alpine n°35, Charles Milesi abonde : « Dans l’équipe, ce n’était le choix de personne d’arrêter. C’est pour ça qu’on est tous soudés. Pour le moment, ça s’est plutôt bien passé, même si on aurait pu optimiser un peu plus les résultats ici et là ». 

Les Alpine partiront des 7e et 9e places dimanche midi. 

Photo : DPPI / WEC

Alors, ces 6 Heures de Barcelone ? 

Le tracé catalan est arrivé cet été au calendrier après les annulations des manches au Qatar et à Bahreïn. C’est une première en WEC pour ce circuit. 

Si la grande tribune face aux stands sonnait un peu creux vendredi, elle était nettement plus garnie samedi. L’un des pilotes les plus encouragés est Miguel Molina, vainqueur des 24 Heures du Mans 2024. Il est aussi natif de Gérone, à 50 minutes du circuit. 

« Je pense que ça va être un beau week-end, s’enthousiasme le Ferrariste. Je suis très attaché à ce circuit depuis longtemps, j’ai beaucoup roulé au début de ma carrière de pilote. Donc, arriver ici en tant que pilote officiel Ferrari, en lutte pour la victoire, c’est le moment fort de ma carrière ». 

Parmi les régionaux engagés dans la catégorie Hypercar, on relève aussi Alex Riberas (Aston Martin) et Daniel Juncadella (Genesis). 

Les organisateurs attendent environ 20 000 spectateurs ce week-end. Pas mal, quand on sait que l’évènement n’a été officiellement programmé qu’à la fin de mois de juillet. Et que la météo n’est pas très encourageante (on en reparle plus loin). 

Dur avec les pneus

Le tracé de Barcelone est particulièrement retors avec les pneumatiques. « Sur un tiers de la piste, soit près d’un kilomètre et demi, le pneu est soumis à plus de 2 G d’efforts latéraux », nous décrypte Pierre Alves, directeur des opérations endurance chez Michelin. 

« C’est le circuit le plus énergétique du championnat. A Spa, le pneu a le temps de respirer un peu en ligne droite. Ici, ça n’arrête jamais ». L’enjeu sera donc de préserver les gommes pour effectuer deux relais avec le même train. Les pilotes doivent donc surveiller la température interne du pneu, affichée sur le volant. Ou encore limiter au maximum les dérives. 

A moins que… 

Et la pluie s’invite aux 6 Heures de Barcelone…

L’agence météo espagnole est très pessimiste pour ce dimanche. L’Aemet a même diffusé une alerte orange pour pluies abondantes sur le littoral catalan. Dans le paddock, tous les téléphones portables ont sonné avec un message appelant à la prudence, samedi en début d’après-midi, alors que le ciel était encore dégagé.

Une course humide à l’occasion de ces 6 Heures de Barcelone constituerait un saut dans l’inconnu pour les équipes. D’autant qu’elles découvrent ici pour la première fois le nouveau pneumatique pluie proposé par Michelin. 

Stratégies alternatives

Cette saison, on a vu beaucoup d’équipes rentrer aux stands plus tôt que prévu pour bénéficier d’une piste claire. L’objectif est de doubler les adversaires au moment où ils doivent s’arrêter à leur tour. 

C’est ainsi que la BMW n°15 s’était extraite du peloton à Spa-Francorchamps pour l’emporter. Ou comment les deux voitures de l’écurie Toyota sont revenues dans le groupe de tête aux 24 Heures du Mans, après des qualifications décevantes. 

« Si la piste reste sèche, on verra ce week-end de nombreuses stratégies pour bénéficier d’une piste dégagée », prévoit René Rast. Il a l’oeil de l’expert. Il était l’un des trois pilotes victorieux en Belgique grâce à cette astuce. 

Charles Milesi (Alpine) explique : « La différence de rythme est énorme, surtout quand on est en pack ou dans le trafic. Parfois, l’écart peut être entre une seconde et demie et trois secondes par tour ». 

Ferrari l’a bien remarqué aussi : « C’est quelque chose qui prend de plus en plus d’importance en WEC, admet Mauro Barbieri, responsable de la performance et des simulations au sein de l’équipe transalpine. 

« C’est un aspect sur lequel nous nous concentrons généralement lors de nos réunions stratégiques d’avant-course, puis que nous surveillons de près pendant la course elle-même. Cela peut être déterminant ». 

McLaren suit le plan

James Barclay, chef d’orchestre du programme McLaren en Hypercar, a fait part de son optimisme à cinq mois des débuts en compétition de la MCL-HY. 

« Depuis le premier roulage à Varano en mai, nous avons effectué six séances de tests, si l’on exclut certains extras comme des essais aérodynamiques en ligne droite. Cela a été un processus vraiment positif, non seulement en termes de validation, mais aussi pour commencer par rendre la voiture opérationnelle et tester la durée de vie des pièces, ce que nous continuons d’ailleurs à faire. »

« Nous avons évidemment encore du chemin à parcourir jusqu’au début de l’année prochaine, mais une étape importante approche également avec l’homologation ». 

Celle-ci aura lieu d’ici la fin de l’année calendaire. Et il ne faudra pas se rater : la voiture sera en effet gelée dans cette configuration pour plusieurs saisons. 

La première campagne de McLaren l’an prochain sera-t-elle aussi encourageante que celle de Genesis cette année ? 

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