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Dans un club qui cherche enfin à baisser d’un ton, l’interview d’Ali Zarrak à L’Équipe a fait l’effet d’un pétard mouillé lancé dans un salon. Le responsable de la Pro2 a voulu solder ses comptes avec Jean-Pierre Papin, qui l’avait visé sans le nommer quelques jours plus tôt. Résultat : un règlement de comptes en deux actes, écrit et filmé, qui n’est passé inaperçu ni chez les supporters ni dans les couloirs du club. Quand on prétend défendre son honneur, encore faut-il choisir le moment.
Car l’OM version Stéphane Richard, Grégory Lorenzi et Bruno Genesio est précisément en quête d’apaisement. Que la direction n’ait guère apprécié la sortie n’a rien d’étonnant. Zarrak, proche de Mehdi Benatia, n’aurait pas demandé l’autorisation du club avant de parler, comme le protocole l’exige. Il aurait seulement prévenu ses supérieurs la veille de la publication : une politesse, pas une validation. Entre l’information et l’accord, il y a toute la distance qui sépare le respect de la hiérarchie du fait accompli.
Le contentieux, lui, remonte à deux ans. Papin a dirigé la réserve pendant un an et demi, entre 2023 et 2025, et n’a cessé ces dernières semaines d’évoquer ce différend. Zarrak a mûrement réfléchi avant de répondre, et a choisi L’Équipe pour attaquer à la fois le comportement et les compétences d’entraîneur d’une légende du club, Ballon d’Or 1991. Un pari risqué : s’en prendre à une icône du Vélodrome, c’est accepter d’avoir une partie du public contre soi, quel que soit le fond du dossier.
Pas de rupture en vue pour l’instant : aucune démarche n’a été lancée, et le club apprécie les qualités professionnelles de l’ancien recruteur d’Auxerre, du Havre et de Lorient. Mais la direction a fait savoir son insatisfaction, et ce rappel à l’ordre pèsera. Zarrak a peut-être gagné son tour de parole. Reste à savoir ce qu’il a perdu en route : un peu de crédit en interne, et la discrétion qui sied à ceux dont le métier se fait dans l’ombre.