Retour
Plus de cinq mois après son dernier combat, le boxeur cherbourgeois, licencié à l’ASC au moins jusqu’à la fin de l’année, a annoncé son retour à la compétition pour le 19 décembre 2026 à Laval (Mayenne).
Battu pour la première fois chez les professionnels (13 victoires), devant son public, dans sa quête de ceinture européenne IBO face au Mexicain Chester Parada Torales, le double champion de France des mi-moyens a eu besoin de temps pour digérer, mais il se dit prêt à relever le gant pour reprendre le fil d’une carrière jusque-là parfaite.
Comment avez-vous vécu les jours qui ont suivi cette défaite contre Chester Parada Torales ?
C’était dur au début, surtout au niveau mental. Il a fallu accepter et prendre du recul. Il faut que je m’en serve pour en tirer le positif. Je me suis rendu compte de plusieurs choses à améliorer, même au niveau de la boxe. Il y a eu cette blessure au doigt qui m’avait empêché de faire du sparring, aussi, évidemment. Il aurait fallu travailler sur le même profil. Avec le recul, c’était inconscient d’y aller. Mais j’ai voulu le faire, j’avais besoin d’argent. Je n’ai pas eu recours à quelqu’un pour le mental, ça aurait pu être intéressant, mais ça coûte de l’argent aussi. Mon remède, c’était le temps. J’ai senti que cette défaite avait touché les gens. J’ai vu des personnes pleurer, des personnes dures pourtant, que je connais depuis longtemps, et qui avaient mal pour moi. Maintenant, il n’y a pas le choix, il faut revenir le plus vite possible.
Il y a eu la chasse sous-marine, aussi.
Cela m’a beaucoup, beaucoup aidé. Cela m’a permis de couper de la boxe. J’ai même disputé le championnat de France. Je finis 6e, mais ça ne s’est pas joué à grand-chose ! J’ai loupé beaucoup de poissons le premier jour, mais faire partie des six meilleurs de France, c’est déjà pas mal. J’aurais pu être champion de France de deux disciplines différentes ! C’est vrai que quand je fais quelque chose, je me donne à fond.
Avez-vous retouché aux gants depuis ce gala maudit de mai ?
J’ai reboxé de temps en temps, même si je me suis cassé la main gauche, je me suis fait une double fracture ! J’ai glissé dans les escaliers fin juin, le truc tout bête… Maintenant, c’est passé. Quant à ma blessure au doigt, c’est le tendon du 5e métacarpe gauche qui est touché. Ça à l’air d’aller, même si cela m’arrive de ressentir encore un peu la douleur. Le tendon, ça met toujours beaucoup de temps à se remettre.
Que pouvez-vous nous dire sur votre prochain combat, le 19 décembre à Laval ?
J’ai su la date il y a un peu plus d’une semaine. C’est l’équipe Palatina, avec qui je suis sous contrat jusqu’en 2029, qui me l’a trouvé. Il fallait faire en sorte que je revienne vite. Là, j’ai une envie de fou de remonter sur le ring, j’ai les crocs, je n’attends que ça. J’ai envie de gommer cette erreur. Sinon, je ne sais pas encore qui je vais affronter, si ce sera un étranger ou un Français. Ce qui est sûr, c’est que ce sera un combat de reprise, sans ceinture, qu’il faudra que je gagne pour relancer la machine, remonter dans le classement, avant de pouvoir postuler à autre chose.
Le main event sera le combat de Jordy Weiss, une demi-finale mondiale. Est-ce que cela vous atteint de ne pas être la tête d’affiche de la soirée ?
Cela ne me touche pas du tout. Peu importe au final, le but sera de gagner. C’est normal que Jordy Weiss, qui sera chez lui, soit la tête d’affiche.
Et le fait de boxer en dehors de Cherbourg ?
Cela ne me gêne pas. J’ai déjà beaucoup boxé à l’extérieur, en amateur ou chez les professionnels. C’est bien aussi de voir une autre salle, qui est a priori grosse, avec 3 000 spectateurs. Cela va être un bel événement.
Comment allez-vous vous préparer ?
Là, je pars à Bordeaux pour trois semaines et je devrais aller aux États-Unis pendant trois semaines aussi. A Bordeaux, je vais travailler avec la Team Amani. J’y suis déjà allé plusieurs fois, depuis longtemps. Il y a une belle équipe là-bas avec une douzaine de boxeurs professionnels. Ils sont calés niveau boxe, physique, nutrition… Je suis très proche de Laurent Amani, je dors chez lui pendant toute la prépa, et il y aura des sparrings. Concernant les États-Unis, je dois aller en Floride, à St. Petersburg, à côté de Tampa. Là aussi, c’est Palatina qui a des contacts et m’a orienté vers ce camp. J’attends beaucoup d’eux. Le gars m’a déjà dit qu’il m’avait observé et qu’il a vu plein de choses à améliorer. L’idée, c’est de pouvoir exploiter mes capacités à 100 %. J’ai encore énormément à apprendre et c’est rassurant.
Et Cherbourg ?
Je vais peut-être revenir pour la dernière semaine avant le combat. Mais si je veux progresser, il n’y a pas d’avenir à Cherbourg. J’exploite mes qualités à 50, peut-être 60 %. Maintenant, refaire un jour un combat à Cherbourg, dans le nouveau Chantereyne par exemple, ce serait un gros kiff !