Retour
Au Stade de France,
On avait été prévenu, on le savait, on y était préparé. Mais, malgré ça, et toutes les précautions prises (alimentation, hydratation, pause pipi…), on a quand même été un peu dans le dur, dimanche au Stade de France. Un match de football américain c’est long. Très long. Encore plus quand vous vous attendez à vous émerveiller, à l’occasion de la première rencontre de NFL disputée sur notre sol, et que vous finissez par regarder votre montre.
Commencé à 14h30 et des brouettes, après de superbes hymnes américain et français chantés à vitesse x0,5, le match s’est terminé par une victoire des Pittsburgh Steelers face aux Saints de La Nouvelle-Orléans (10-16) après trois heures de combat âpre mais sans grandes envolées, où les temps forts se sont comptés sur les doigts d’une seule main (et pas celle de Fabinho, l’ancien joueur de Toulouse). Au choix, on a retenu :
AARON RODGERS DOES IT HIMSELF FOR THE FIRST DOWN 🤯#NFL pic.twitter.com/Ruv1Ap0ACe
— TSN (@TSN_Sports) October 25, 2026
Et puis c’est tout ou presque. Le reste du match a été, offensivement, très pauvre avec peu de grandes envolées, de grandes courses. À la place, une succession de fautes, d’erreurs et de petits gains sans grands éclats. Pas la meilleure manière pour conquérir un territoire où le football américain n’est pas vraiment dans les habitudes alors que la NFL a fait de l’Hexagone, avec ce premier match au Stade de France, une terre d’explorations. « Il y a environ 1 million, 1,4 million de fans qui s’intéressent à la NFL, qui suivent les matchs, estimait en début de semaine Matthieu Maignal, General Manager de la NFL en France. Il y a certaines études qui nous parlent de 10 millions de personnes qui ont un intérêt à mieux comprendre la NFL. »
Pas sûr donc que les dix millions de potentielles recrues aient été absorbées par cette rencontre. « Nous voulions créer autant d’actions spectaculaires et décisives que possible et offrir ce spectacle passionnant, surtout aux supporters français, reconnaissait lui-même Tyler Shough après la rencontre. Mais, en même temps, c’était un match difficile, c’est un sport exigeant, très analytique. Il y a tellement de facteurs différents qui entrent en jeu, et c’était un match très disputé face à une bonne équipe comme les Steelers. »
Intercepté une fois et deux fois sacké par les défenseurs morfales des Steelers, le quarterback des Saints, loquace, n’a pas hésité à développer son sentiment : « Chaque match est différent. Il peut y avoir des matchs qui se terminent sur un score de 45 à 40, ou des matchs avec moins de points marqués. Tout comme au football (le vrai, précisons-le) ici en France, il y a parfois des matchs qui se terminent sur un score de 1-0 ou 4-2. »
Ce sentiment de match fade, entre deux équipes pas franchement équipées pour jouer les trouble-fêtes, était partagé par les suiveurs réguliers du football américain, comme ce confrère allemand en tribune de presse désespéré par le niveau de jeu affiché sur le terrain. « C’est un match très pauvre, avec peu d’actions de grande ampleur et il y a une multitude d’erreurs, nous a-t-il lâché. Heureusement, au moins, il y a du suspense. »
Du suspense et une belle ambiance au Stade de France, qui célébrait LA grande fête du football américain. Au-delà des maillots des Steelers et des Saints, des liquettes de toutes les équipes s’affichaient dans les tribunes et, sur certaines actions, on a quand même nos tympans qui ont sifflé. Et le public français, renforcé par plusieurs milliers d’Américains venus spécialement pour l’occasion, n’a pas failli à sa réputation. Et a été salué par tous les acteurs.
À commencer par Aaron Rodgers, qui a déjà disputé deux matchs à l’étranger : « Quel superbe stade, s’est exclamé le QB ses Steelers. C’était vraiment génial d’être ici, l’ambiance était formidable. J’ai trouvé l’hymne français absolument magnifique, vraiment magnifique. Entendre les supporters chanter en chœur, c’était un moment vraiment génial. » Même sentiment chez Tyler Shough, déçu après la défaite, mais reconnaissant d’avoir pu vivre ce moment :
« J’ai trouvé l’ambiance géniale. C’était vraiment cool de jouer ici en tant qu’équipe à domicile, de voir nos joueurs présentés au public. J’ai trouvé les supporters très enthousiastes, très sympas, très polis, mais aussi très bruyants en même temps. Le stade était magnifique, on ne pouvait pas rêver de meilleures conditions pour jouer. J’espère qu’on reviendra. C’est évidemment notre objectif. » Avec l’idée, on l’espère, de proposer un meilleur spectacle sur le terrain. La France n’attend que ça (et de meilleures conditions de travail pour les lycéens, aussi).