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Surclassés par Royan, promu en Volstar cette saison, durant plus de deux sets, les Centurions Narbonne et leur capitaine Tim Held ont finalement renversé la partie pour s’imposer dans une ambiance incroyable à l’Arena (3-2).
D'abord l’émotion puis la passion. Pour leur première à l’Arena cette saison, les Centurions voulaient signer, par la même occasion, leur premier succès, mais aussi rendre hommage à Willner Rivas, joueur audois la saison passée, décédé tragiquement durant l’été.
La réception du promu Royan, une aubaine pour faire le plein de confiance ? Peut-être que Montpellier, champion de France en titre, s’est dit la même chose, samedi dernier pour l’ouverture de la Volstar… résultat, une défaite au tie-break (3-2) face au Petit Poucet qui a montré d’entrée qu’il ne faisait pas de complexe cette saison. Un maillot aux allures de carte au trésor pour les Pirates du Royan Atlantique Volley. Le seul butin que convoitaient les Centurions mardi soir était la victoire.
Dès le premier point de la première manche, Royan annonçait la couleur. Malgré deux sauvetages de la défense narbonnaise, le point tombait dans l’escarcelle des Pirates. En réussite en ce début de saison, les Charentais Maritimes voyaient presque tous les coups tourner en leur faveur. Ces derniers faisaient la course en tête, sans jamais faire de break (1-2 puis 7-8). Narbonne passait devant dans le sillage de son capitaine Tim Held (12-10 puis 14-12), mais plus cette manche avançait, plus les Royannais prenaient l’ascendant. Cheikh Diop et son passeur Mikkel Hoff se régalant de disséquer le block adverse (22-23). Et au moment de conclure la manche, l’expérimenté Hugo De Leon et un ace d’Hoff donnaient le dernier mot aux visiteurs (23-25).
La tête au fond du seau, les Narbonnais, comme leurs supporters, observaient les Pirates à l’abordage de leur Arena fétiche, sans trop de solutions. Diop enchaînait les attaques tranchantes long de ligne et le duo Faustino-Boyombo se muait en mur infranchissable (10-10 puis 10-14). Les Audois tentaient des changements pour trouver des solutions en attaque, mais Maxime Hervoir voulait rapidement en finir avec ce deuxième set. L’ancien Montpelliérain enfilait sa cape de superhéros pour marquer tantôt sur ace, en attaque placée, ou même en plein centre, étrangement oublié par les locaux (19-25).
Cinquième set d’affilée remporté par les Pirates (en comptant les trois contre Montpellier), et pourquoi pas un sixième pour signer un succès net et sans bavure ? Durant une grande majorité du troisième set, les 2083 spectateurs présents dans l’Arena audoise se sont posés la question. Surtout quand Czerwinski, pointu local multipliait les fautes, à l’approche du money-time et que les visiteurs avaient dressé un vrai mur de l’Atlantique au block (15-18). Pourtant, tout allait s’inverser alors que Braun se réveillait au contre sur une belle séquence. Carlos Nieves, redoutable mardi soir, se chargeait de conclure cette manche et de faire se lever un public rose et noir qui a mangé son pain noir en début de rencontre (28-26).
Natzev qui a pris le relais à la pointe dans cette troisième manche, a réveillé son équipe. Le jeune joueur de 18 ans, arrivé en provenance du CNVB, allait endosser le rôle du facteur X. De l’énergie, de la motivation, un langage corporel déterminé, il apportait ce dont les Centurions avaient besoin, du caractère.
Les Pirates, longtemps vent dans le dos et sur un cap clair, voyaient la houle menacer leur navire et allaient devoir sortir les rames, dans cette quatrième manche, pour continuer à avancer. Nieves insistait, Braun aussi et les Centurions (6-6 puis 19-11), aidés par l’apport du jeune central Benjamin Vial, auteur d’un bon passage, faisaient feu de tout bois. Une salle debout, des sourires sur le terrain et un peu de réussite pour emmener les Narbonnais vers une manche décisive (25-14). Trois quarts d’heure plus tôt, pas grand monde dans la salle n’aurait misé dessus.
Viden Natzev et Ben Braun reprenaient leurs coups de butoir mais Diop et les Charentais-Maritimes ne lâchaient pas (2-2 puis 5-5 et 9-9). Mais, un joueur se démarquait dans ce tie-break, le capitaine. Le plus régulier tout au long de la rencontre, Tim Held était décisif dans les moments qui comptent. L’Italien de 28 ans, découvrait l’Arena, et a semble-t-il déjà conquis ses nouveaux fans, en signant une attaque décisive avant de clore le match sur un dernier ace (16-14). Pas loin de la correctionnelle, balbutiant encore son volley, Narbonne s’est offert un gros frisson mardi soir, mais aussi du temps pour continuer à travailler un peu plus sereinement, une victoire déjà, dans la poche.