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Sur la terre battue du Tennis Club de Caen, sa dégaine ne passait pas complètement inaperçue. Short Kappa aux genoux, tee-shirt d’échauffement de la JS Douvres marqué de ses initiales, Julien Thierry-Grenier arborait un style bien à lui en ce dimanche matin. Tout contrastait avec le classicisme de son adversaire, classé 30/2. La tenue, bien sûr, mais aussi la technique. Au quatrième tour des qualifications de l’Open de Caen, le jeune homme de 25 ans adoptait la stratégie tant aimée des footballeurs, celle qui rend parfois fous les spécialistes de la discipline. « C’est le tennis, il faut juste renvoyer la balle une fois de plus que l’adversaire », analysait-il à l’issue de sa victoire.
Douze heures avant qu’il ne frappe ses premières balles, en ce dimanche pluvieux d’octobre, à 8h30 pétantes, Julien Thierry-Grenier était rentré sur un autre terrain. Les gants avaient remplacé la raquette. Son maillot était frappé du numéro 1. Julien Thierry-Grenier est le gardien de l’équipe réserve de la Maladrerie OS en Régional 2. Sa carrière sportive, c’est dans les cages qu’il la mène. Ne joue pas qui veut jusqu’en U19 au Stade Malherbe Caen. Depuis son départ du club professionnel, Julien Thierry-Grenier a fréquenté les rangs de Lisieux, de Douvres puis de la MOS. « Le foot reste ma priorité », dit-il. Mais ce passionné de sport a bien d’autres cartes dans sa manche.
Depuis le coup d’envoi des qualifications de l’Open de Caen, dans la catégorie des quatrièmes séries, les journées de Julien Thierry-Grenier sont rythmées par la petite balle jaune. « Il y a treize ans, je jouais au tennis, raconte-t-il. J’ai eu envie de m’y remettre et j’en ai parlé à mon père. On s’est dit : allez, let’s go ! » Non classé, Julien Thierry-Grenier a débuté le tournoi vendredi après-midi, le 16 octobre 2026. Il a été expéditif. Le soir, il s’entraînait à la MOS. Le lendemain, le deuxième tour était programmé à 9h00. C’est encore passé sans encombre. Rebelote à 14h00. Il ne fallait pas traîner, puisque la Maladrerie accueillait Mondeville à 18h30. La courte défaite (0-1) avait de quoi frustrer le portier caennais, « un mec club, qui va souder, qui passe bien avec tout le monde », comme il se décrit.
Julien Thierry-Grenier n’a pas eu le temps de ruminer. Le week-end se poursuivait par un quatrième match à l’Open de Caen et, toujours, la même stratégie. « On court beaucoup, on ne s’arrête pas ! Au tennis, je suis combattant. Je ne lâche pas. » Qu’importe si la note artistique est remportée par son vis-à-vis. Les balles en cloche, les services mous et les coups slicés sont diablement efficaces. Julien Thierry-Grenier s’est offert un cinquième tour au prix d’une belle bataille remportée, notamment, au mental. Pendant le match, il était tout heureux d’apprendre que son tournoi de padel à Carpiquet avait été décalé d’une heure. Car oui, JTG avait également calé ce rendez-vous. A 11h00, il serait prêt à en découdre. A 16h00, il était de retour à la Folie Couvrechef. Résultat ? 6-0, 6-1. Il avait retrouvé ses bonnes habitudes.
Certes, il y eut quelques crampes durant le week-end. Mais Julien Thierry-Grenier, qui rejouera ce lundi 19 octobre 2026, n’apparaissait pas si éprouvé que cela par l’enchaînement. « J’aime bien le sport, les sports de raquette et le sport co », commente-t-il tranquillement. En stage dans un IME, lui qui se destine à une carrière d’éducateur spécialisé, il profite de ses vendredis libres pour assouvir sa passion. Les premiers résultats de l’Open de Caen font-ils naître le rêve d’apparaître au Palais des Sports, en décembre, avec quelques-uns des meilleurs joueurs du monde ? « Ce n’est pas du tout l’objectif. Je voulais faire deux matchs. Je vais en jouer cinq (au moins six, désormais, ndlr), j’ai un peu de chance. Pour arriver au bout, il faut en gagner quinze ou vingt. » Julien Thierry-Grenier ne se projette pas si loin. Mais le dernier NC (non classé) encore en lice n’a sûrement pas fini de surprendre.