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Alors que Williams réclame une réforme du plafond budgétaire pour réduire les inégalités entre écuries, Zak Brown se dit ouvert à la discussion, tout en défendant le système actuel.
Le plafond budgétaire de la Formule 1 pourrait-il évoluer dès 2027 ? James Vowles, directeur de Williams, souhaite revoir certaines règles financières afin de permettre aux écuries disposant d'infrastructures moins développées de rattraper leurs concurrentes. Une proposition qui divise déjà le paddock.
Interrogé sur cette question, Zak Brown n'a pas fermé la porte à une éventuelle réforme. Le directeur général de McLaren considère toutefois que le sujet est particulièrement complexe et rappelle que son équipe a remporté deux titres constructeurs consécutifs sans disposer des infrastructures les plus importantes du championnat.
Depuis son introduction en 2021, le plafond budgétaire vise à limiter les dépenses des écuries et à favoriser une compétition plus équilibrée. Mais selon James Vowles, les règles actuelles continuent d'avantager les équipes qui disposaient déjà d'installations importantes avant leur entrée en vigueur.
Le directeur de Williams propose donc d'introduire des mécanismes de rattrapage financier, permettant aux structures moins compétitives de bénéficier de marges d'investissement supplémentaires. Ces autorisations pourraient évoluer en fonction du classement au championnat et concerner aussi bien les dépenses d'investissement que certains coûts opérationnels.
Cette proposition a reçu un soutien partiel d'Alpine, Aston Martin, Audi et Cadillac. En revanche, Haas et Racing Bulls s'opposent à une augmentation des dépenses autorisées pour les infrastructures, craignant notamment une remise en question de l'équilibre financier actuel.
Les écuries de pointe soulignent également qu'un assouplissement excessif pourrait relancer une course aux dépenses, alors que le plafond budgétaire a précisément été instauré pour garantir la viabilité économique du championnat.
Interrogé sur les propositions de Williams, Zak Brown a d'abord souligné la capacité de la Formule 1 à faire évoluer régulièrement ses différents règlements.
"Je pense que notre sport fait du bon travail lorsqu'il s'agit de revoir les règlements financiers, sportifs et techniques. Nous travaillons collectivement de manière efficace pour essayer de progresser en permanence."
Le dirigeant américain estime cependant que les moyens matériels ne suffisent pas à expliquer les différences de performances entre les équipes. Il cite notamment l'exemple de McLaren, qui a remporté les championnats constructeurs 2024 et 2025 malgré certaines contraintes structurelles.
"Notre sport est très complexe. Je pense que la principale différence entre les équipes réside dans les personnes et dans leur culture. Je sais que nous ne disposons pas des infrastructures les plus importantes de la Formule 1, ni même probablement des deuxièmes ou troisièmes plus importantes. Nous utilisons un moteur client, alors que pendant des années, on a entendu dire qu'il était impossible de remporter un championnat dans ces conditions. Pourtant, nous l'avons fait. Je pense que cela s'explique par la qualité de notre équipe."
Pour Brown, l'efficacité organisationnelle et la pertinence des décisions restent donc essentielles, indépendamment du niveau d'investissement autorisé.
Zak Brown reconnaît néanmoins que les dernières évolutions des règles financières ont permis d'améliorer la gestion des ressources des écuries. Il évoque notamment le rapprochement entre les dépenses d'investissement, appelées CapEx, et les dépenses opérationnelles, ou OpEx.
"Je pense que nous avons franchi une étape en combinant les dépenses d'investissement et les dépenses opérationnelles. Désormais, il faut décider où investir, exactement comme lorsqu'on choisit les pilotes que l'on souhaite recruter. C'est compliqué, mais je garde l'esprit ouvert."
Le directeur général de McLaren insiste également sur le niveau de compétitivité atteint par la Formule 1 ces dernières saisons. À ses yeux, le championnat démontre déjà que les règles actuelles permettent à plusieurs écuries de se battre aux avant-postes.
"L'année dernière, nous avons connu la grille la plus serrée de l'histoire de la Formule 1. Quand j'étais jeune, une ou deux équipes remportaient généralement toutes les courses. Aujourd'hui, elles sont quatre à gagner, et une cinquième a même décroché une pole position cette année. Le championnat est extrêmement compétitif, mais je reste toujours ouvert à la discussion."
Malgré cette ouverture, une modification du plafond budgétaire ne pourra pas être décidée rapidement. Toute proposition devra d'abord être examinée par l'administration du plafond budgétaire de la FIA et par le comité consultatif financier, avant d'être soumise à un vote formel de la Commission F1.
Cette procédure peut prendre plusieurs mois, voire s'étendre sur plusieurs saisons. James Vowles devra donc convaincre suffisamment d'écuries du bien-fondé de son mécanisme de rattrapage pour espérer obtenir une modification du règlement.
La position de Zak Brown illustre les difficultés de ce débat : McLaren reconnaît l'intérêt d'examiner de nouvelles solutions, mais considère également que les règles actuelles ont déjà contribué à rendre la Formule 1 plus compétitive.
Reste à déterminer si les équipes parviendront à s'entendre sur une réforme permettant aux structures les moins équipées de progresser, sans recréer les déséquilibres financiers que le plafond budgétaire était censé faire disparaître.