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Dix minutes. Trois essais. Et déjà, le sentiment d’un match qui échappe. Pour son entrée dans la Coupe du monde, le XIII de France a été balayé par les Samoa (78-4), vendredi à Sydney. Face à des Toa Samoa armés par plusieurs joueurs de la dernière finale de NRL, les Bleus ont mesuré ce qui les sépare encore de l’élite mondiale. Une différence de rythme, d’impact et d’exécution que le courage n’a pas suffi à combler.
Mariner (3e), Ioelu (7e), McEwen (10e). En trois coups, les Samoans avaient installé leur domination. Chaque accélération semblait pouvoir faire basculer le match. Les Français, eux, couraient après le ballon, les duels et le fil de leur rencontre. "Les vingt premières minutes, nous étions un peu partout. Un peu dans l’émotion, un peu déconnectés", reconnaissait Laurent Frayssinous. Le sélectionneur résumait l’écart : "Ils sont très rapides, très puissants, très compétitifs, mais tout ça on le savait."
Les circonstances n’ont rien arrangé. Avant même le coup d’envoi, les forfaits de Julian Bousquet et d’Alrix Da Costa avaient fragilisé le dispositif tricolore. Léo Darrélatour et César Rougé ont ensuite été soumis au protocole commotion d’entrée, avant que le demi ne puisse reprendre sa place. Mais ces coups durs n’expliquent pas tout "et ce n’est pas une excuse" a rappelé Laurent Frayssinous parce que la France a surtout été débordée par une intensité qu’elle n’a jamais réussi à maîtriser. Au milieu du naufrage, une éclaircie. À la 34e minute, Benjamin Garcia a trouvé le petit côté, Louis Grossemy a servi Guillermo Aispuro-Bichet dans l’espace et l’ailier a conclu avec détermination. À 34-4, cet essai ne changeait pas le cours de la rencontre, mais il récompensait une séquence construite, là où les Bleus avaient jusque-là subi.
Après la pause, les Français ont également opposé une résistance plus consistante. Romain Navarrete, Mathieu Cozza et Lambert Belmas se sont employés dans le combat, tandis que le capitaine Garcia n’a pas ménagé ses efforts. Mais l’accalmie n’a pas duré. Dans les dix dernières minutes, les Samoa ont inscrit quatre nouveaux essais, portant l’addition à 78 points. La résistance française n’avait pas les moyens de contenir pareille déferlante. Au-delà de l’humiliation comptable, c’est la fragilité défensive qui interpelle. "Nous devons définitivement améliorer notre défense. Même face à l’une des meilleures équipes du monde, nous devons être meilleurs", insistait Frayssinous. Le sélectionneur pointe aussi la progression de la NRL, dont le rythme lui paraît supérieur à celui de la Super League. Une évidence. Sur le terrain, cette différence s’est traduite par des duels perdus, des espaces mal refermés et une pression samoane rarement interrompue. Reste à ne pas réduire cette défaite à un simple fossé entre championnats. "Il y a de bons joueurs dans notre équipe. Il faut simplement trouver davantage de connexions", rappelle le technicien. Encore faut-il que ces connexions résistent à l’intensité du très haut niveau.